Accroissement des exportations de capitaux

24 décembre 2011

Les exportations de capitaux en vue d’investissements directs suisses à l’étranger ont augmenté, passant de 30 milliards en 2009 à 67 milliards de francs en 2010. Leur accroissement a découlé en majeure partie des opérations effectuées par les sociétés financières et holdings en mains étrangères. Les fortes fluctuations des flux de capitaux des entreprises de ce groupe de branches n’ont rien d’exceptionnel et sont souvent sans aucun lien avec l’évolution générale des investissements directs.

Abstraction faite des sociétés financières et holdings en mains étrangères, les exportations de capitaux au titre des investissements directs à l’étranger ont porté sur 39 milliards de francs, contre 29 milliards en 2009.

Les compagnies d’assurances et les banques ont joué un rôle important dans cette progression, alors que les entreprises de l’industrie ont investi à l’étranger un montant inférieur à celui de l’année précédente. Les capitaux exportés ont été investis principalement dans des filiales déjà existantes à l’étranger, les acquisitions d’entreprises ayant par contre stagné à leur bas niveau de 2009.

En 2010, les stocks d’investissements directs suisses dans les filiales à l’étranger ont augmenté de 26 milliards pour atteindre 878 milliards de francs. Leur progression a reposé principalement sur les exportations de capitaux, l’évolution des cours de change ayant influé négativement sur la valeur en francs des stocks d’investissements directs. Les effectifs dans les filiales à l’étranger se sont accrus de 1%, passant à 2,664 millions de personnes. En Asie, la hausse des effectifs a été de 5%, soit un rythme une nouvelle fois supérieur à la moyenne.

Grâce à la conjoncture favorable sur le plan mondial, les revenus tirés des investissements directs suisses à l’étranger ont de nouveau augmenté, passant de 52 milliards en 2009 à 73 milliards de francs l’année suivante. Ainsi, ils ont continué à se redresser après être tombés à leur niveau le plus bas, en 2008, du fait des pertes enregistrées par les filiales à l’étranger des banques.

Par rapport à d’autres pays, la Suisse détient un volume élevé d’investissements directs à l’étranger. Fin 2009, elle était au septième rang mondial en termes d’investissements directs à l’étranger, selon un classement opéré par le FMI. Les six premières places étaient occupées par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg, ces deux derniers pays abritant de nombreux holdings. Plusieurs raisons expliquent le rang élevé de la Suisse dans ce classement, notamment la présence sur son sol de nombreux sièges principaux de grands groupes multinationaux et l’attrait qu’elle présente, comme lieu d’implantation, pour les holdings en mains étrangères.

Les importations de capitaux en vue d’investissements directs étrangers en Suisse se sont établies à 21 milliards de francs, contre 31 milliards en 2009. Elles ont découlé principalement de crédits au sein de groupes et de bénéfices réinvestis. Les flux de capitaux portant sur du capital social se sont par contre soldés par un rapatriement de fonds vers l’étranger.

En 2010, les stocks d’investissements directs étrangers en Suisse se sont établis à 526 milliards de francs (+18 milliards). Les sociétés financières et holdings ont joué un rôle primordial dans leur progression. Si la ventilation est faite selon le pays de l’investisseur immédiat, presque tous les groupes de pays enregistrent de légères augmentations. Dans le cas d’une ventilation reposant sur l’investisseur ultime, on observe par contre des accroissements du côté surtout des stocks détenus par les investisseurs d’Amérique du Nord ainsi que d’Amérique centrale et du Sud, mais une diminution de ceux qui proviennent d’Europe.

Les revenus que l’étranger tire des investissements directs étrangers en Suisse ont porté sur 39 milliards de francs, soit un montant très proche de celui de 2009 (40 milliards). D’une année à l’autre, les revenus des sociétés financières et holdings et ceux des banques ont quelque peu diminué, alors que ceux des autres branches ont dans l’ensemble légèrement augmenté.

Fin 2010, les entreprises étrangères employaient 423 000 personnes sur le sol helvétique, ce qui représente 10% de l’ensemble des effectifs de l’industrie et des services en Suisse, soit 4,119 millions de personnes.

 

Recommandé pour vous