Activité florissante en 2019 ou manque de perspicacité? Les entreprises industrielles suisses s’attendent à une croissance record

27 mars 2019

  • Climat en moyenne plus favorable que dans les autres branches et propension à investir
  • Production de plus en plus automatisée grâce aux technologies numériques
  • Manque de personnel familiarisé avec le numérique – caractère vital de l’accès au marché du travail européen

La situation économique est stable, les carnets de commandes sont bien étoffés, les capacités pleinement utilisées – telle est actuellement la situation des entreprises industrielles suisses. 58 pour cent d’entre elles considèrent leur situation comme positive, quasiment autant qu’il y a un an (60 pour cent). Parallèlement, celles qui ont une opinion négative de leur propre situation ne représentent plus que quatre pour cent, le niveau le plus bas depuis 2011. Par ailleurs, les entreprises industrielles se déclarent très optimistes quant à l’évolution de l’activité dans les mois à venir. Ce sont les résultats de la récente enquête représentative que le cabinet d’audit et de conseil EY a menée auprès d’environ 220 entreprises industrielles suisses non cotées en bourse ayant entre 30 et 2000 salariés.

Le baromètre de l’industrie pour 2019 indique que 55 pour cent de toutes les entreprises suisses interrogées considèrent leur situation comme bonne et 43 pour cent s’attendent à ce que la situation de leur activité continue de s’améliorer dans les mois à venir. «Sur la base de ces chiffres, le climat parmi les entreprises industrielles suisses est actuellement plus favorable que la moyenne. Selon nous, c’est principalement imputable au fait que les entreprises ont appris à gérer le risque d’un «franc suisse trop fort» et à adapter en conséquence leurs modèles opérationnels. Les entreprises se sont accommodées du contexte difficile et y sont bien obligées», commente André Bieri, responsable Middle Market chez EY en Suisse et ajoute: «Même si certains signes semblent indiquer un affaiblissement de la conjoncture au niveau national et à l’étranger, il faut constater que les PME suisses, majoritairement présentes sur des marchés de niche haut de gamme, résistent mieux aux crises du moins à court et moyen terme. Une attitude trop insouciante peut néanmoins s’avérer périlleuse.» 

Un manque de main d’œuvre qualifiée manifeste

Outre les fluctuations marquées des cours des matières premières, le fléchissement de la conjoncture ou certaines failles dans la sécurité informatique, c’est principalement le manque de main d’œuvre qualifiée qui préoccupe les 218 entreprises industrielles suisses interrogées. En effet, une entreprise sur quatre souhaite procéder à de nouvelles embauches dans les mois à venir mais deux tiers d’entre elles font état de difficultés pour trouver et recruter des collaborateurs disposant des compétences adéquates. Dans les deux tiers de ces entreprises, le manque de main d’œuvre qualifié concerne le domaine de la production. «Il n’est pas surprenant que l’absence d’obstacle à l’accès au marché du travail européen pour les entreprises industrielles figure, outre les allègements fiscaux, la réduction des charges administratives et la baisse des charges salariales, parmi les principales revendications formulées à l’attention des responsables politiques», explique M. Bieri. 

Une production de plus en plus automatisée dans plus de 40 pour cent des entreprisesOutre le manque de main d’œuvre qualifiée, les progrès de la numérisation conduisent à automatiser de plus en plus les processus de production. Par ailleurs, les entreprises industrielles utilisent actuellement les technologies numériques surtout dans le domaine des relations avec la clientèle et de la commercialisation de leurs produits. Quasiment la moitié des entreprises s’attend à ce que les technologies numériques prennent plus d’importance dans leur propre modèle opérationnel dans les cinq années à venir, mais là aussi le manque de main d’œuvre qualifiée est manifeste. «Il est donc crucial que les entreprises investissent de manière ciblée dans la formation continue de leurs collaborateurs. De même, il est indispensable de renforcer, et surtout d’encourager, la prise en compte des aspects de la numérisation dans l’enseignement scolaire et l’apprentissage», constate M. Bieri, partenaire d’EY.

 

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