Afrique subsaharienne : Citigroup et Crédit Suisse guettent des opportunités d’affaires sur de possibles privatisations

9 septembre 2019

(Agence Ecofin) – Les groupes bancaires Citigroup Incorporated et Crédit Suisse voient des opportunités d’affaires dans de possibles privatisations de sociétés publiques africaines, a-t-on appris de sources médiatiques concordantes, qui citent des propos tenus par les responsables de ces deux institutions, en marge du Forum économique mondiale pour l’Afrique, qui se déroulait à Cape Town en Afrique du Sud, du 4 au 6 septembre 2019.

« L’option des privatisations devient selon nous, de plus en plus évidente en Afrique, compte tenu des pressions budgétaires auxquelles font face de nombreux gouvernements de la région. Des transactions importantes telles que la vente aux enchères d’Ethiopian Telecommunications et l’ouverture par l’Angola du capital de 175 entreprises, sont vivement attendues. Plusieurs gouvernements reconnaissent la nécessité d’une réforme », a déclaré Vikas Seth, responsable des fusions et acquisitions pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique au sein de Crédit Suisse.

Chez Citigroup, on est plus attentif aux ambitions d’expansion des grands groupes d’Afrique de l’Est sur de possibles ouvertures en Ethiopie. Rappelons que ce pays regroupe la deuxième plus grande population d’Afrique après le Nigeria, et surtout une économie pour laquelle le Fonds monétaire international prévoit une croissance moyenne de 7% jusqu’en 2024.

« L’Afrique de l’Est attire l’attention car des entreprises régionales cherchent à se développer en Ethiopie », a déclaré Miguel Azevedo, responsable des investissements de Citigroup pour le Moyen-Orient et l’Afrique, expliquant que les entreprises basées au Kenya perçoivent le développement de l’Ethiopie comme une grande opportunité.

Rappelons que les volumes d’activités de banque d’investissement en Afrique subsaharienne ont baissé pour les institutions financières étrangères. Selon des indicateurs fournis par Refinitiv, le service des données de Reuters, c’est le groupe bancaire sud-africain Standard Bank qui a dominé la course aux revenus dans le secteur au cours du premier semestre 2019, avec un chiffre d’affaires généré de 31,9 millions $, grâce à son dynamisme sur le marché régional de la dette.

L’américain Citigroup qui dominait sur le compartiment dette, a rebondi de sa sixième place au premier semestre 2018, à la troisième place. Il doit cette performance à la vigueur retrouvée par ses activités dans les fusions-acquisitions impliquant des pays de la région, qui lui ont permis d’arranger 8 transactions et de porter à 18,5 millions $, la totalité de ses revenus banque d’investissement sur la période de référence.

Crédit Suisse occupe une modeste sixième place dans le segment des revenus issus des fusions-acquisitions d’Afrique subsaharienne.

Idriss Linge

 

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