Cameroun : banques et entreprises mènent une réflexion sur la nouvelle réglementation de change en Zone CEMAC

9 avril 2019

(Agence Ecofin) – Réunis ce 4 avril au siège du patronat camerounais (GICAM) à Douala, des représentants du secteur bancaire et du secteur privé non-financier mènent une réflexion sur la nouvelle réglementation de change en zone CEMAC. Ces derniers temps, l’actualité camerounaise est dominée par des critiques quant à la lenteur du traitement des dossiers d’opérations extérieures par les banques commerciales.

D’emblé, Alphonse Nanfack, président de l’Association des Professionnels des Etablissements de Crédit au Cameroun et administrateur directeur général d’Afriland First Bank, a tenu à dégager la responsabilité des banques et a expliqué que justement, la rencontre avait pour but de mettre toutes les parties prenantes au même niveau de compréhension de la situation actuelle

Revenant sur les éléments de contexte, il a évoqué la réunion d’urgence de décembre 2016 à Yaoundé (Cameroun), au cours de laquelle les chefs d’Etats de la sous-région avaient adopté le principe d’un renforcement de la politique monétaire, afin de faire face au repli rapide des réserves de change.

De son point de vue, la mise en oeuvre de ces décisions « a nécessité au niveau des Banques, des réajustements en interne pour s’accommoder aux nouvelles exigences de la banque centrale. Le corollaire de ces actions a été l’imbroglio ambiant qui a caractérisé la relation clients-banques

Plusieurs opérateurs économiques ont en effet rapporté de nombreuses situations dans lesquelles, leurs activités d’importation sont désormais plombées par la lourdeur des procédures de paiement de leurs factures. Une approche de l’APECCAM envers la BEAC a permis la mise en place d’un mécanisme de traitement plus rapide des opérations extérieures.

Les conclusions de ces concertations seront vivement attendues car, depuis 2016, la situation des réserves de change en zone CEMAC ne s’est pas véritablement améliorée. Deux pays notamment la Guinée Equatoriale et le Congo Brazaville, tardent encore a trouver un accord avec le FMI comme l’ont fait le Cameroun, le Tchad et le Gabon.

Selon des données fournies par la banque centrale à la suite de la rencontre de son comité de politique monétaire du 21 mars dernier, il est prévu que s’améliore le taux de couverture de la monnaie au terme de l’année 2019. Mais il sera au mieux de 65,9%. Cela signifie que l’offre de devise disponible sera toujours inférieure à la demande et que les défis vont persister.

De son côté, la BEAC fait tout son possible, pour rapatrier au mieux les recettes en devises et reconstituer un taux de couverture de la monnaie qui soit plus confortable. Or les principales sources de revenus de la sous-région sont les ventes des ressources du sous-sol, sur lesquels les pays membres ne sont pas complètement transparents, malgré quelques efforts dans ce sens.

Les gouvernements, de leur côté, ont essayé de travailler à la diversification de leurs économies. L’objectif premier de ces stratégies est de réduire les importations et d’accroître les recettes en devises en vendant des produits mieux valorisés que les ressources naturelles brutes.

Mais là aussi les choses semblent aller très lentement. Au Cameroun qui est la première économie de la CEMAC, le gouvernement a reconnu que le montant cumulé des importations alimentaires a atteint les 9634 milliards de FCFA. Les indicateurs de production actuelle indiquent que la courbe ne sera pas inversée sur le court, ni même le moyen terme.


Idriss Linge

 

Recommandé pour vous