Cameroun : Eneo, le distributeur d’énergie, a terminé l’année 2018 sur un bénéfice en hausse de 155,4%, mais des défis demeurent

20 octobre 2019

(Agence Ecofin) – ENEO, l’entreprise en charge de la distribution d’électricité au Cameroun et qui est contrôlé à 51% par le groupe britannique d’investissement Actis, a terminé l’année 2018 sur un bénéfice net de 11 milliards FCFA. Cette performance est apparue en hausse de 155,4% comparée à celle de l’année 2017.

La société a expliqué que cette évolution des choses, par une meilleure maîtrise de ses coûts notamment sur les achats de matières premières et le paiement des services extérieurs, combinés à un changement de calcul comptable sur certaines provisions.

Le chiffre d’affaires de la période a été de 298,5 milliards FCFA, en hausse de 4% comparé à celui de l’exercice 2017. Il a été soutenu par une de solides ventes dans le domaine basse tension (167,3 milliards FCFA), où on retrouve environ 60% de la clientèle de l’entreprise. La meilleure performance en termes de vente a été enregistrée dans le segment moyenne tension, dont le chiffre d’affaires spécifique a bondi de 6% d’une année à l’autre, atteignant 95,5 milliards FCFA.

Cette embellie des performances financières globales cache cependant, un certain nombre de défis que connait ENEO. Celle-ci estime, par exemple, que pour atteindre la pleine capacité de ses performances, il lui faudra réaliser des investissements de l’ordre 500 milliards FCFA sur les 12 prochaines années. Cela nécessitera l’intervention du gouvernement sur plusieurs points.

Le premier sera d’apporter sa contribution financière en sa qualité d’actionnaire à hauteur de 44%. Mais il faudra aussi que le secteur public adresse efficacement la question des arriérés de paiement des factures dues par l’administration centrale et les administrations connexes. L’autre question à adresser, du point de vue du distributeur d’énergie, est celle de la tarification. Elle est restée la même depuis un certain nombre d’années pour les clients basse tension, alors qu’entre-temps, la valeur des charges ajustées de l’inflation (hausse des prix) a augmenté.

2019 devrait consacrer pour ENEO, la sortie de sa longue phase d’investissement entamée en 2006 et pour laquelle, elle avait contracté un emprunt de près de 300 millions d’euros. Durant cette période, et cela jusqu’à la fin du premier semestre de cette année, elle s’est vue contrainte de nantir 70% des revenus perçus de certains de ses gros clients, plus 500 clients de moyenne tension. Mais en octobre 2018, elle a contracté 38,2 milliards FCFA de nouveaux prêts, dont 29,7 milliards déjà tirés, auprès des filiales locales des groupes Citi Bank, Société Générale et Ecobank.

Les performances de l’exercice en cours seront à suivre.  L’entreprise travaille au maximum à réduire les tensions de trésoreries qu’elle a connues au cours de l’année 2018. Cela passe par un meilleur recouvrement des paiements auprès de ses clients. Mais cela semble plus facile à dire qu’à faire.

Au premier janvier 2019, l’encours des créances d’ENEO sur ses clients dont le remboursement est à risque, atteignait les 75 milliards FCFA. Pour y faire face et à d’autres charges du même type, elle a dû maintenir une provision pour risque de l’ordre de 89 milliards FCFA.

Idriss Linge

 

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