Comment concilier sa vie de femme et sa vie professionnelle ?

22 novembre 2011

Depuis 2001, le canton de Genève prévoit une allocation perte de gain en cas de maternité, et depuis 2005 seulement, cette allocation a été votée et acceptée au plan fédéral.

Notre canton est plus favorable au congé maternité, puisque celui-ci peut durer jusqu’à 16 semaines contre 14 au niveau fédéral. L’allocation se calcule sur la même base, soit 80% du revenu moyen réalisé avant l’accouchement.

Pour avoir droit à cette allocation, il faut remplir les conditions suivantes : avoir cotisé pendant les neuf mois avant la naissance de l’enfant, et avoir travaillé pendant cinq mois durant la grossesse.

Les allocations complémentaires genevoises impliquent une condition supplémentaire : avoir exercé une activité lucrative sur le territoire genevois au moment de l’accouchement.

A voir, cela paraît simple comme bonjour. Cependant, avant même d’avoir l’idée ou l’envie de devenir parents, la femme est confrontée à certaines réalités liées au monde du travail.

Pour commencer, lors d’entretien, les femmes sont souvent confrontées à la question « fatidique » : êtes-vous enceinte ou pensez-vous le devenir prochainement ? De par la loi, elles ont le droit de ne pas répondre à cette question.

Néanmoins, ne pas répondre peut laisser l’employeur s’imaginer une réponse positive, sinon la personne aurait répondu ! Au final, les femmes se retrouvent coincées entre répondre ou non, et cela implique souvent une méfiance des employeurs.

Selon le droit du travail, les employeurs n’ont pas le droit de refuser d’employer une femme pour cause de future maternité, ni même de renvoyer celle-ci lors de l’annonce de la maternité. Mais comment prouver qu’un employeur nous refuse la place en raison de cette cause ? Ou comment résister à l’employeur qui nous incite à quitter notre emploi ? Il faut être forte et déterminée pour faire face à ces premiers obstacles.

En principe, une maman a le droit d’allaiter son enfant sur son lieu de travail, et cela compte dans son temps de travail. Dans la pratique, comment allaiter son enfant ? Est-ce que les employeurs tolèrent vraiment cela ? Permettez-moi d’en douter. De plus, avoir ce droit signifie-t-il que l’enfant a la possibilité de se trouver sur lieu de travail de sa mère ? A moins que l’entreprise ait prévu une crèche, je ne vois pas comment cela serait possible.

Actuellement, à Genève, il devient de plus en plus compliqué de trouver une place en crèche pour son enfant. Parfois, les parents se trouvent confrontés à des listes d’attentes de deux ans ! Comment reprendre son emploi s’il n’y a pas de place en crèche, si l’entreprise n’a pas de crèche, et si les revenus ne permettent pas de payer une nounou ? C’est presque obligé, qu’un des deux parents doive arrêter de travailler, le temps de trouver une solution.

Il est souvent relevé que le défaut du droit est ne pas pouvoir suivre la réalité sociale, cette vérité ne peut pas moins s’appliquer à la difficulté de vivre la maternité dans le monde du travail aujourd’hui. En 2005, la Suisse a fait un bon pas dans la direction de la maternité, mais pratiquement il manque encore beaucoup de facilités afin que des futurs parents se sentent le courage et la force de braver tous les obstacles de ce chemin là.

Ella Dettwiler/Rédactrice chez Le Monde Economique

 

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