Comment les Suisses voient l’avenir du travail : des emplois plus rapides, moins nombreux mais plus attractifs

26 août 2019

  • La majorité des professionnels suisses sont satisfaits de leur emploi actuel et n’en changeront pas de travail l’année prochaine.
  • L’analyse compétences vs. mentalité montre le fait surprenant que la mentalité est plus importante aujourd’hui qu’elle ne le sera dans 10 ans.
  • Plus de la moitié des personnes interrogées ont du mal à imaginer leur futur monde du travail, c’est encore un concept flou.
  • Les 3 principaux aspects de la vie professionnelle sont de bonnes relations avec les collègues, la reconnaissance des performances et de bonnes relations avec les supérieurs

Voilà qui ravira les employeurs: les Suisses sont globalement satisfaits de leur emploi. C’est confirmé par les résultats de l’enquête « Future of Work » de l’EY qui a été menée pour la deuxième fois cette année. Globalement, la satisfaction des salariés en Suisse est stable à un niveau élevé. Elle a même légèrement augmenté : 87 % (contre 86 % l’année dernière) des personnes interrogées se disent satisfaites ou très satisfaites de leur travail. La comparaison entre secteurs montre un changement : alors que la satisfaction a augmenté de manière significative dans le secteur du bâtiment (+9 %) et dans la construction de machines/usines (+10 %), le secteur pharmaceutique/biotech est resté inchangé à un niveau élevé. Le net recul dans le secteur des banques et des compagnies d’assurance (-9 %) doit être considéré avec prudence en raison du petit nombre de personnes interrogées.

Dans l’ensemble, les Suisses pensent qu’il y aura moins d’emplois à l’avenir. Seule la moitié environ des personnes interrogées estiment qu’elles sont bien préparées au monde du travail de demain. En outre, les Suisses pensent que les emplois deviendront plus exigeants, et que le stress sur le lieu de travail augmentera. Près de la moitié des Suisses pensent cependant que les emplois de demain seront plus attrayants. Telles sont les conclusions d’une étude représentative réalisée par le groupe d’audit et de conseil EY auprès de 1 501 personnes en Suisse. 

Autonomie en forte demande

Les facteurs les plus importants contribuant à la satisfaction professionnelle sont l’autonomie et la flexibilité, un travail à facettes multiples et le contact avec les gens. L’année dernière, le fait d’avoir un emploi à facettes multiples était classé en première position. Les trois facteurs les plus importants qui peuvent avoir des effets néfastes sont le stress et une lourde charge de travail, une faible rémunération et de longues heures de travail. Cette année, l’organisation inadéquate (7 %) et les mauvaises conditions de travail (7 %) sont plus souvent critiquées. 

Crise de la quarantaine : la malheureuse Génération X

L’âge est un facteur déterminant de la satisfaction : le groupe d’âge des 45-54 ans est celui qui éprouve le moins de satisfaction dans le travail quotidien (-6 %). Les employés plus jeunes et plus âgés sont plus satisfaits. Lorsqu’on leur a demandé d’évaluer leur sécurité d’emploi, les données sont restées pratiquement inchangées et, comme l’année précédente, on observe de nettes différences selon le sexe, la région et le revenu. Les femmes, les citadins et les personnes à faible revenu sont les plus préoccupés par la sécurité de leur emploi. Ces résultats se reflètent également dans la disposition ou la réticence à changer d’emploi. Seulement un quart des personnes interrogées prévoient de changer d’emploi au cours de l’année à venir. Il s’agit principalement de jeunes salariés urbains.

Prêt pour le travail du futur ?

Le thème spécial de cette année, « Compétences vs. mentalité », portait sur l’importance de l’attitude par rapport aux compétences dans le monde du travail d’aujourd’hui et de demain. De plus, la compréhension des concepts impliquant de nouvelles formes de travail telles que le coworking et la co-création a été testée. « Plus de la moitié des personnes interrogées ont du mal à imaginer leur futur monde du travail, c’est encore un concept flou. Beaucoup ont également du mal à appréhender leur rôle dans ce processus. Il est intéressant de noter que les employeurs sont aussi de plus en plus appelés à assumer davantage de responsabilités et à offrir des emplois à l’épreuve de l’avenir. Les employeurs vont devoir offrir plus de soutien et de conseils à leurs employés, » déclare Gerard Osei-Bonsu, responsable de People Advisory Service Leader EY Switzerland. 

 « De nouvelles formes de travail comme le coworking gagnent en popularité, quoique lentement. Il y a un besoin d’action. » Un fossé se creuse clairement entre les générations et entre les sexes : les jeunes hommes urbains et titulaires d’un diplôme universitaire sont très confiants quant à leur futur et à toutes les opportunités offertes par l’avenir. Ils sont convaincus que ce sont les personnes et non les machines qui compteront, et qu’elles pourront contribuer à changer le monde. Les personnes plus âgées sont plus sceptiques et s’inquiètent pour leur emploi. Les femmes en particulier, celles qui vivent en milieu rural et ont suivi une formation de base ou un apprentissage, sont plus conscientes des risques que des opportunités. Par conséquent, l’approche de ces deux groupes est très différente quant à leur employabilité future. Les personnes plus âgées soulignent l’importance de la formation et des compétences qu’elles ont acquises, ainsi que l’influence de la culture d’entreprise. Les jeunes mettent l’accent sur le repos, le sommeil et le sport, en plus de la formation, en tant que mesures nécessaires pour maintenir la bonne attitude.

Climat social – les questions interpersonnelles figurent en bonne place à l’ordre du jour

Selon l’enquête, les trois aspects les plus importants de la vie professionnelle ne sont ni la rémunération ni le contenu du travail, mais sont tous de nature interpersonnelle : une bonne relation avec les collègues (66 %), la reconnaissance des performances (65 %) et une bonne relation avec les supérieurs (60 %). Les deux sexes attachent de l’importance à ces trois aspects. Toutefois, le nombre de commentaires est beaucoup plus élevé chez les femmes que chez les hommes qui s’attendent à des primes et des avantages nettement supérieurs à ceux des femmes.

Les principaux défis demeurent inchangés

Lorsqu’on leur a demandé quels seraient les plus grands défis à relever à l’avenir, les réponses n’ont pas changé par rapport à l’année précédente. L’automatisation (18 %), la numérisation (14 %) et le changement démographique (13 %) demeurent des préoccupations majeures, bien avant l’augmentation prévue de l’emploi temporaire (6 %) ou l’impact de l’intelligence artificielle (5 %). Il est intéressant de noter que, lorsqu’on les interroge sur d’autres difficultés, les préoccupations concernant l’humanité et le respect se sont qu’en troisième position. Ce n’est pas une surprise pour Valentina Roselli, FutureWorkNow Swiss Lead de EY Switzerland. « Dans un monde numérisé, il est plus important que jamais pour les gens d’être au centre des préoccupations. Dans le processus en cours de transition de l’ancien vers le nouveau monde du travail, des échanges et un dialogue approfondis sont nécessaires. C’est pourquoi nous testons de nouvelles méthodes au sein de notre entreprise pour que nous-mêmes et nos clients puissions bénéficier de nos résultats. »

Ouvrez le dialogue avec EY à l’occasion de la Journée numérique Suisse 2019

EY Switzerland sera présent avec un stand à l’HB Zurich le 3 septembre 2019 de 08h00 à 19h00 et présentera les conclusions de l’enquête lors de la Journée numérique Suisse 2019. Des informations supplémentaires sur le travail 4.0 sont disponibles sur www.digitaltag.swiss/programm/oder/

 

Recommandé pour vous