Par Agence Ecofin


(Agence Ecofin) - Au cours d'une rencontre qui s'est déroulée en avril 2016, le conseil des ministres de la Conférence Interafricaine des Marchés d'Assurance a adopté une mesure visant à restreindre la part des primes collectées par les assureurs directs, et transférées à des réassureurs situés en dehors de la zone CIMA.

Finactu, groupe spécialisé en Afrique sur le conseil stratégique et financier, notamment dans le domaine des assurances, vient de publier une analyse sur cette question. Selon ce spécialiste, une façon positive de voir cette réforme serait de la percevoir comme un « coup de pouce » que le législateur entend donner à la réassurance CIMA, pour lui permettre d'entamer un cercle vertueux de croissance profitable.

Il ressort en effet de l'analyse que le surplus de primes de réassurance qui sera généré au profit des 7 réassureurs de cet espace économique, sera d'environ 68 milliards de FCFA. Cela représenterait une croissance de près de 65% du chiffre d'affaires réalisé par les sociétés de réassurance CIMA et de plus de 100% des primes reçues des assureurs opérant dans la zone.

Cette bonne opportunité, selon Finactu, pourrait cependant se révéler difficile à avaler. Il faudrait pour cela que les réassureurs CIMA disposent de la capitalisation nécessaire pour absorber ce nouveau volume d'affaires. Ses données révèlent que le niveau des fonds propres des réassureurs de cette zone est largement en dessous de la moyenne des 40 milliards de FCFA qui prévaut sur le marché africain de la réassurance.

L'autre défi des réassureurs CIMA est celui de leur solvabilité. Dans la pratique, les réassureurs préfèrent avoir des primes émises équivalentes à au moins 100% de leurs fonds propres. Hormis Africa Ré, le leader de la sous-région, et CICA Ré, un autre acteur CIMA du secteur, les autres ont un ratio en dessous de 100%.

Une des conséquences de cette situation complexe serait de voir arriver des acteurs internationaux en quête d'opportunités d'expansion. Mais les analystes de Finactu estiment que le profil de rentabilité du marché, en temps et en coût, n'est pas suffisamment attractif.

L'autre issue serait de voir les réassureurs exporter la totalité de l'excédent de primes acquises, ce qui rendrait la réforme quasi inopérante.

Les débats sont désormais ouverts et il est désormais question de voir comment les acteurs du secteur vont s'organiser, alors que la nouvelle règle est désormais applicable. Sur le court terme, on pourrait assister à des consolidations mais encore faudrait-il qu'elles soient bien préparées.

Idriss Linge

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