Par Agence Ecofin


(Agence Ecofin) - En 2016, les groupes marocains à travers leurs filiales Bank of Africa (BMCE Bank), Atlantique Business International (Banque Centrale Populaire) et Attijariwafa Bank, ont dominé le secteur des banques au sein de l'UEMOA, avec des parts de marché cumulés de 28,8%, a appris l'Agence Ecofin d'un rapport officiel.

Dans le top 5 des groupes bancaires exerçant dans cette sous-région, qui est dominé par la holding incorporée au Togo, Ecobank Transnational Incorporated (avec 14,9% de parts de marché), on retrouve Bank of Africa en deuxième position, avec 11,4% de parts de marché, Atlantique Business International, troisième avec 9,4% et Attijariwafa Bank cinquième avec 8%.

Un seul groupe français figure dans ce classement des 5 premiers, c'est Société Générale avec 9,2% de parts de marché. Le deuxième groupe français qui est BNP Paribas se classe à la 6e place avec des parts de 4,4%. Lorsqu'on ajoute aux groupes marocains la présence de banques de Tunisie et de Libye, la part totale du Maghreb sur le marché bancaire de l'UEMOA est désormais de 33,3%. Viennent ensuite ceux de l'UEMOA (26,7%). Les groupes en provenance de l'Union européenne (14,3%) n'occupent que la troisième place.

Au contraire de ce qui a souvent cours au sein d'une bonne partie de l'opinion publique, le marché de la banque n'est plus dominé par les grands groupes français, même si la filiale du groupe Société Générale reste la première banque de Côte d'Ivoire, l'économie la plus importante de la zone.

Rappelons que l'année 2016 aura été assez mitigée pour le secteur bancaire dans l'UEMOA, les 131 banques ayant généré un revenu cumulé de 3006 milliards de FCFA en baisse de 16,4% comparés aux 3598 milliards de FCFA générés en 2015. Dans un contexte où les revenus d'intérêts sur les opérations avec la clientèle ont connu une croissance de 9% (moins vigoureuse que les 11,5% de fin 2015), cette contreperformance a été rattrapée par la hausse de 31% des produits sur opérations sur titres divers.

Par ailleurs, un repli des charges d'exploitation bancaire de l'ordre de 34,4% (près de 740 milliards de FCFA) ont permis au secteur bancaire de l'union, de dégager en 2016 une marge brute globale 666,8 milliards de FCFA, en hausse de 12,8% comparée à celle de la même période en 2015. Enfin, une diminution importante (-53%) des provisions effectuées pour couvrir les risques, a dopé le résultat net cumulé des banques de l'UEMOA, qui s'améliore de 93,7% à 423,7 milliards de FCFA.

Idriss Linge

Copyright © Monde Economique - Tous droits réservés