Ghana : 274 millions $ mobilisés par le secteur bancaire pour se conformer au seuil minimum de capital imposé par la Banque centrale

11 septembre 2019

(Agence Ecofin) – Le secteur des banques au Ghana a dû mobiliser jusqu’à 1,5 milliard de cedis (274 millions $) pour se conformer au nouveau seuil minimum de capital social imposé par la Banque centrale du pays, apprend-t-on d’un rapport d’enquête, récemment publié par la firme d’audit et de consulting PwC (PricewaterhouseCoopers).

36 % des institutions interrogées ont indiqué avoir converti une partie des réserves de bénéfices réalisés pour renforcer leur capital. 18 % affirment avoir mobilisé des fonds additionnels auprès de leur maison-mère ou de nouveaux investisseurs. 36 % de responsables affirment avoir combiné ces deux méthodes pour se mettre en conformité.

La Banque centrale du Ghana avait imposé aux banques commerciales de son rayon de compétence, de porter leur capital social, de 120 millions, à 400 millions de cedis, avec comme délai de rigueur le 31 décembre 2018. L’objectif déclaré est de renforcer le secteur et lui permettre de se déployer davantage dans des activités d’intermédiation financière.

A ce propos, 83 % des dirigeants de banques ayant participé à l’enquête ont indiqué qu’ils renforceront leur portefeuille de prêts en direction du secteur de l’agriculture et du secteur manufacturier. Il est aussi question d’investir sur des titres publics, tels que des bons de Trésor qui offrent des rendements intéressants. Pour d’autres responsables, il s’agira de financer l’expansion de leurs activités et de développer de nouveaux produits.

Mais il faudra plus que de bonnes intentions pour rassurer les investisseurs qui, d’une façon ou d’une autre, ont contribué à la mobilisation de ces nouvelles ressources.

La croissance économique reste vigoureuse au Ghana. Elle est attendue à 7,6 % à fin 2019, selon de récentes prévisions du Fonds monétaire international (FMI) mais est moins vigoureuse qu’il y a deux ans (8,6%).

Dans le même temps, le rendement des fonds propres des banques, qui mesure le gain rapporté par le capital injecté dans le business, a chuté en 2018 à 17,9 %, contre 28,4 % relevés en 2014. Si par exemple la performance de 2018 demeure constante, il faudra 5 ans et demi pour rembourser la totalité des nouvelles ressources apportées dans le secteur pour l’augmentation du capital social.

Une dizaine de banques ayant participé à cette augmentation de capital sont cotées sur le Ghana Stock Exchange, le marché financier du pays basé dans la capitale Accra. Les actionnaires et investisseurs de plusieurs d’entre elles ont dû renoncer à recevoir des dividendes et seront très attentifs aux évolutions futures des affaires dans le secteur.

Chamberline Moko et Idriss Linge

 

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