Ghana : la Banque centrale dévoile une solide performance au premier semestre, mais…

24 juillet 2019

(Agence Ecofin) – Le Ghana a terminé le premier semestre de 2019 sur une balance commerciale prévisionnelle de 1,9 milliard $, a appris l’Agence Ecofin, de documents officiels publiés par la Banque centrale du pays. Cette performance est le fait d’une hausse des revenus d’exportations de biens, qui ont atteint, sur la période, les 8 milliards $, tandis que la facture des importations a été un peu plus faible, pour se situer à seulement 6,1 milliards $.

Cet excédent commercial est une amélioration, comparativement à celui de la même période en 2018, qui était de seulement 1,3 milliard $. Le pays ouest-africain a bénéficié d’une hausse des prix de l’or, du pétrole et du cacao, ses principaux produits d’exportation. Dans le premier cas, les tensions économiques entre grandes puissances ont fait du métal jaune une valeur refuge, ce qui a entrainé une hausse de la demande et donc des prix.

Pour ce qui est du pétrole, la volatilité sur les marchés a aussi poussé les prix vers le haut et dans le cas du cacao, il semble que la stratégie conjointe avec l’autre gros producteur mondial, la Côte d’Ivoire, commence à porter des fruits. A la fin juin 2019, le prix de la tonne de cette matière première atteignait les 2 471 $. Cette belle performance sur le guichet commerce des biens a été toutefois diluée par le solde du compte des services.

Malgré ces facteurs, la balance courante qui donne la position des flux d’échanges avec l’extérieur a terminé la période sur un solde positif de 39 millions $, après une situation négative de 409 millions $. Lorsqu’on y ajoute le résultat du compte des mouvements des capitaux et autres ressources financières, la balance des paiements du Ghana termine sur un surplus de 1,3%, contre un déficit de 372 millions $ à la même période en 2018.

Ce sont de bons points pour ce pays qui, avec l’arrivée de l’actuel président, avait décidé de tourner le dos à l’aide, et aux appuis du Fonds monétaire international. Mais cette robuste performance a un contrecoup. La valeur du cedi (monnaie locale) s’est dépréciée de 8,1% par rapport au dollar américain, entre janvier et la fin juin 2019, contre seulement 5,4% sur la même période en 2018. Il n’est pas exclu que cette situation ait impacté négativement les ménages les plus pauvres.

Aussi, en même temps que le budget public a connu un déficit de 3% contre une prévision de 2,4%, les autorités n’ont atteint aucun objectif, aussi bien en matière de recettes publiques, que de dépenses publiques. Rappelons que le pays vit une fin de mandat pour l’actuel président et que des élections sont prévues en 2020. Les performances définitives seront suivies notamment par des investisseurs étrangers qui ont pris des positions sur la dette locale ghanéenne.

Idriss Linge

 

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