Kenya : les entreprises font face à des défis de liquidité, en raison du non-paiement par le gouvernement de ses factures

30 juillet 2019

(Agence Ecofin) – Des entreprises kényanes fournisseurs de biens et services au gouvernement commencent à ressentir la pression du manque de liquidités, en raison de l’accumulation des arriérés par l’Etat. Selon une analyse produite par la Banque mondiale sur la précédente année fiscale du pays, qui s’achève au 30 juin 2018, l’encours global des retards de paiement du gouvernement kényan atteignait les 1,9 % du produit intérieur brut, contre 0,9 % une année auparavant.

Selon une analyse sur le sentiment des affaires publiée par le groupe bancaire Stanbic Bank Kenya, on peut remarquer que cela déteint sur la consommation des entreprises, avec un indice de perception qui était de 49,1 % en avril 2019, contre 51 % en Mars.

Le gros risque derrière cette situation est surtout la pression que cela risque d’avoir sur les banques commerciales.

Ces dernières doivent déjà faire face à un environnement d’exploitation marqué par la limitation des taux d’intérêt. Ces arriérés viennent faire gonfler le risque d’augmentation des créances douteuses qui atteignent le niveau de 12,5 % pour le secteur, soit trois fois de plus qu’il y a trois ans.

Face à ces arriérés, le gouvernement continue de multiplier des émissions de titres publics à court terme. 

Moody’s qui suit de près cette situation, fait remarquer que si les banques commerciales peuvent encore capter les sollicitations du gouvernement, il n’en subsiste pas moins un certain nombre de risques.

En plus d’avoir des défis de liquidités, le gouvernement du Kenya doit financer en permanence un déficit commercial qui a continué de gonfler ces dernières années. Le pays a allégé les choses avec l’eurobond de 2,1 milliards émis en mai 2019. Mais des changements sur le sentiment des marchés pourraient devenir critiques, assure l’expert de l’agence de notation.  

Idriss Linge

 

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