La DG du Johannesburg Stock Exchange s’inquiète des incertitudes provoquées par les discours préélectoraux

31 janvier 2019

(Agence Ecofin) – Nicky Newton-King, la directrice générale du Johannesburg Stock Exchange, le plus ancien et important marché financier africain, a exprimé son inquiétude quant à l’incertitude que les discours préélectoraux installent chez les investisseurs notamment les étrangers.

« Nous nous efforçons d’identifier les orientations politiques que nous aimerions prendre. Mais à mesure que nous avançons dans le processus des élections, je crains qu’on soit dans des positions extrêmes, avec des acteurs qui cherchent à se positionner face à leurs électeurs », a déclaré Mme Newton-King, lors d’une prise de parole dans un forum des affaires à Indaba en Afrique du sud.

Dans certains discours des leaders de l’African National Congress, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, des propositions sont faite en vue de revoir et d’élargir le mandat de la banque centrale, afin que sa politique monétaire prenne aussi en compte les objectifs de création des emplois et de protection sociale.

Mais une des propositions qui inquiètent le plus, c’est la volonté exprimée de prendre une mesure qui imposerait aux gestionnaires de fonds de pension, notamment, d’investir une certaine proportion de leurs actifs, dans des projets prioritaires indiqués par la loi.

Les analystes et acteurs du marché financier sud-africain reprochent à cette idée le fait qu’elle est contraire à la logique de marché, qui veut que l’investisseur ne prennent des risques que par rapport au rendement qu’il en attend. Aussi, ils apportent des exemples qui démontrent que de telles initiatives n’ont pas prospéré dans le passé.

L’Afrique du Sud vit dans l’ambiance des élections générales qui sont prévues pour mai 2019, mais dont la date précise n’a pas encore été fixée. Le président Cyril Ramaphosa, qui a pris la place de Jacob Zuma accablé par des scandales de corruptions, cherche à conforter sa place.

Il doit faire face à l’aile dure de son parti qui souhaite plus de réformes sociales, et doit rassurer en même temps les investisseurs nationaux et internationaux qui s’inquiètent d’une possible détérioration de l’environnement des affaires. Une recherche d’équilibre qui sera mise à rude épreuve dans les prochains mois.

Selon un rapport qui avait été publié par le ministère sud-africain des finances en novembre 2017, la part des investisseurs étrangers sur le Johannesburg Stock Exchange était de 38%. Avec les changement qui sont survenus sur les marchés financiers internationaux, les choses ont du évoluer depuis. La bourse sud-africaine mène constamment des roadshows pour attirer toujours plus d’investisseurs.

Idriss Linge

 

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