La vie nocturne genevoise : à qui profite-t-elle ?

18 octobre 2011

Les jeunes, et les moins jeunes, aiment se divertir et faire la fête, c’est non seulement un fait, mais aussi un besoin. Un besoin de divertissement, qui permet de se retrouver entre amis, de partager de bons moments, de découvrir d’autres gens, d’autres cultures, de laisser les petits soucis du quotidien à la maison le temps d’une soirée.

Rester chez soi, ce n’est pas possible, puisqu’à 22 heures, il faut respecter ses voisins et être silencieux. Alors, on sort, au restaurant et/ou dans les bars, puis si la nuit se prolonge, en boîte.

Oui, mais à Genève, cela déplaît ! Trop de bruit, trop de dégâts, trop d’alcool, de drogue et j’en passe. Les plaintes fusent ! Et d’autant plus, maintenant que la conséquence négative de la loi fédérale sur le tabagisme passif du 3 octobre 2008 se fait ressentir : les gens sortent pour fumer et font encore plus de bruit dans la rue.

C’est en 2008, qu’un des lieux importants de la vie nocturne genevoise s’est éteint : Artamis. Lieu de culture et de diversité, qui n’a à ce jour jamais vu ces lieux publics remplacés, ceux-ci accueillaient mille personnes par soirée. En octobre passé, le Moa Club et Weetamix ont fermé à cause de mesures de sécurité insuffisantes. Aux dernières nouvelles, ils ont été autorisés à rouvrir leurs portes. Les solutions ne sont qu’intermédiaires, et l’affaire est à suivre.

Le problème est récurrent, les lieux abordables pour toutes les bourses ferment les uns après les autres. La diversité est restreinte de plus en plus, et il ne reste que des lieux où les prix sont élevés et la « tenue correcte exigée ».

Un autre problème peut être soulevé, celui des transports en commun, car oui, des transports en commun nocturnes ont été mis en place afin de diminuer le problème de l’alcool au volant, mais comment faire lorsque seul un bus passe dans l’heure ou lorsqu’il n’y en a plus ?

Qui sont donc alors les acteurs économiques qui profitent des retombées de la vie nocturne genevoise ?

Premièrement les restaurants et les bars, ouverts jusqu’à 2 heures du matin, puis les boîtes de nuit, ouvertes pour la plupart jusqu’à 5 heures. Viennent ensuite les « afters », continuité de la soirée dans d’autres lieux. Les « afters » se passent souvent dans des bars qui ont une carte du jour et une carte du soir, où les prix prennent leur envol quant aux boissons non alcoolisées. Mais aussi les taxis, qui ramènent les festoyeurs chez eux en fin de soirée ; les boulangeries de nuit, qui servent les clients dès 2 heures du matin.

Ne sont pas laissés pour compte, toutes les boutiques qui vendent de l’alcool, en principe jusqu’à 21 heures, les dealers, les prostituées. Néanmoins, ce que nous pouvons remarquer, c’est qu’au final, la nuit est une continuité de certains commerces, puisque hormis les boîtes de nuit qui n’ouvrent pas avant le soir, les autres sont déjà là la journée !

La vie nocturne genevoise profite non seulement aux gens qui ont envie de se divertir, de passer un agréable moment, mais aussi à un nombre important d’entreprises. Est-il vraiment judicieux de fermer des lieux de vie nocturne ? Car non seulement, cela crée des problèmes de sécurité dans les endroits restants, mais en plus, cela risque de créer une baisse de la demande de services nocturne. Trouver une solution qui puisse satisfaire tant les personnes qui profitent de la vie nocturne que les habitants alentours restera un travail de longue haleine.

Ella Dettwiler/rédactrice chez Le Monde Economique

 

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