Les banques africaines évolueront dans un contexte oscillant entre risques et rendements stables en 2019, selon Moodys

2 décembre 2018

(Agence Ecofin) – Les banques africaines évolueront en 2019 dans un contexte qui sera marqué par des rendements stables, apprend-on d’une note d’analyse prospective, publié par l’Agence de notation américaine Moodys, qui s’est appuyée sur les institutions qu’elle note.

« L’accélération de la croissance économique en Afrique, bien que toujours inférieure à son potentiel, soutiendra la croissance des crédits, tandis qu’une réglementation plus stricte et une meilleure supervision soutiendront la stabilité financière », a déclaré Constantinos Kypreos, un des vice-présidents chez Moody’s.

Plus concrètement, il est prévu que l’accélération du rythme de croissance du produit intérieur brut africain à 3,8% contre 2,7% en 2017, stimule la demande pour les crédits bancaires. Ainsi malgré la hausse des dépenses d’exploitation et des charges générales, on devra s’attendre à une amélioration des revenus net d’intérêt et des produits nets bancaires.

Mais, avertit M. Kypreos, un risque se cache derrière cette opportunité. Une part importante des placements bancaires s’effectuera sur des titres obligataires émis par les Etats. Or, ces derniers font déjà face à des échéances sur leurs dettes en devises étrangères en même temps qu’ils comptent sur des revenus d’exportations.

Or, selon l’expert de Moody’s, ils pourraient subir des vents contraires en rapport à la hausse des taux d’intérêt sur les marchés internationaux, les incertitudes politiques et les tensions commerciales croissantes entre superpuissances. La situation ne se présente pas de la même manière pour toutes les banques.

 Celles dont l’importance systémique est avérée pourront bénéficier d’un soutien de leurs gouvernements en cas de défis majeurs. Aussi, la plupart des pays ont mis en place des mécanismes de sécurisation des dépôts, en cas de défis. Et enfin, les filiales des multinationales pourraient obtenir le soutien de leurs maisons mères, dans la mesure où elles pèsent peu dans l’actif de ces grands groupes bancaires internationaux.

Idriss Linge

 

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