Les groupes américains renforcent leur prédominance sur les bourses mondiales, l’Europe perd en importance

1 janvier 2019

  • Les entreprises les plus chères du monde sont les groupes technologiques américains
  • Changements en tête de classement: Microsoft est l’entreprise dont la valorisation est la plus élevée du monde, Apple n’est plus qu’en deuxième position
  • L’entreprise européenne la plus chère est Nestlé, à la 15e place – Roche, Novartis, Chubb, Glencore, UBS, Zurich et ABB font également partie du top 300
  • Les entreprises suisses sont en quatrième position dans le classement des capitalisations boursières par pays

ZURICH, LE 28 DECEMBRE 2018 – les groupes américains dominent plus que jamais les bourses mondiales: A la fin de 2018, les cinq plus grandes entreprises mondiales en termes de valorisation boursière proviennent des Etats-Unis, et parmi les 100 entreprises les mieux évaluées du monde, bien plus de la moitié (57) ont leur siège en Amérique du Nord. Seules 22 proviennent d’Europe et 21 entreprises sont originaires de la région Asie Pacifique.

Les entreprises américaines représentent, avec tout juste 11 500 milliards de dollars américains (sept pour cent de moins que l’an passé), quelque 63 pour cent du volume total. Les entreprises asiatiques ont perdu 15 pour cent de leur valeur après une solide année 2017. Elles représentent actuellement 19 pour cent de la capitalisation boursière totale du top 100. Les entreprises européennes ont globalement perdu dix pour cent et représentent actuellement 16 pour cent de la valeur totale du top 100. En tout, la capitalisation boursière des 100 entreprises les plus chères du monde s’élève à la fin de l’année à 18 100 milliards de dollars américains, soit neuf pour cent, ou encore 1 800 milliards de dollars américains, de moins qu’il y a un an.

Il y a eu un changement en haut du classement: Apple a perdu 17 pour cent de sa valeur et a reculé, par rapport à la fin 2017, de la première à la deuxième place. Microsoft a par contre progressé de la troisième à la première place. L’éditeur de logiciels est parvenu à augmenter sa capitalisation boursière de 14 pour cent, soit 94 milliards de dollars américains, en l’espace d’un an. La troisième place du classement est occupée par la maison mère de Google, Alphabet, avec une capitalisation boursière actuelle de 685 milliards de dollars américains, soit six pour cent de moins qu’il y a un an. Les entreprises non américaines ayant la valorisation la plus élevée sont les deux groupes chinois de l’Internet Tencent et Alibaba qui, avec 381 et 339 milliards de dollars américains respectivement, occupent les sixième et neuvième places.

L’entreprise européenne la plus chère est le groupe alimentaire suisse Nestlé, qui occupe la 15e place avec une capitalisation boursière de 252 milliards de dollars américains. Deux autres sociétés suisses se placent dans le top 100 avec Nestlé. Il s’agit de Roche à la 24e place et de Novartis à la 31e.

Ce sont les résultats d’une analyse effectuée par le cabinet d’audit et de conseil EY, qui examine tous les six mois, et pour la dernière fois à la fin décembre 2018, la capitalisation boursière des 100 entreprises les mieux cotées du monde.

 

Les investisseurs misent plus que jamais sur les modèles d’activité numériques

D’après Stefan Rösch, partenaire et responsable des services de transaction chez EY en Suisse, il existe plusieurs raisons à la prédominance des groupes américains: «Certes, les chutes des cours sur les marchés d’actions mondiaux de ces dernières semaines dues aux incertitudes géopolitiques ont, en dehors de quelques problèmes internes comme chez Facebook, également mis les entreprises américaines à rude épreuve. Néanmoins, en comparaison transversale, les entreprises technologiques américaines restent très prisées des investisseurs. De plus, les Etats-Unis sont clairement mieux positionnés dans ce domaine que l’Europe ou d’autres régions du monde.»

Globalement, 21 groupes américains opérant dans l’Internet et les technologies se placent dans le classement des 100 entreprises les mieux cotées du monde, mais seuls deux européens peuvent en dire autant. La capitalisation boursière cumulée des groupes américains opérant dans l’Internet et la technologie s’élève actuellement à quelque 5 000 milliards de dollars américains, tandis que les deux entreprises européennes du même secteur présentes dans le top 100 n’ont une valeur totale que de 205 milliards de dollars américains.

Vient s’ajouter à cela, selon Rösch, le fait que «en Europe, comme toujours, les groupes industriels classiques donnent le ton, tandis qu’aux Etats-Unis, le secteur informatique est devenu la branche phare de l’économie. Dans le même temps, la Suisse comme l’Europe souffrent toujours, de l’avis de nombreux investisseurs, d’un manque de groupes technologiques d’envergure mondiale. Les Etats-Unis donnent le ton dans le secteur informatique. Des entreprises telles qu’Apple, Google et Microsoft sont extrêmement rentables et font sans cesse progresser le passage au numérique de l’économie et de tous les domaines de la vie. En tant qu’artisans de ce changement technologique, mais aussi social, les groupes asiatiques jouent au mieux encore un rôle, ce qui n’est guère le cas en revanche des groupes européens, et cette situation se reflète dans le classement des capitalisations boursières.»

Suisse: Nestlé, Roche et Novartis au sommet

L’entreprise européenne ayant la valorisation la plus élevée, et en même temps l’entreprise suisse la mieux cotée à la fin de cette année, est le groupe alimentaire Nestlé, qui, avec une capitalisation boursière de tout juste 252 milliards de dollars américains, occupe la 15e place. L’entreprise pharmaceutique Roche se trouve à la 24e place (capitalisation boursière: 209 milliards de dollars américains) devant sa concurrente du même secteur, Novartis, qui occupe la 31e place (capitalisation boursière: environ 195 milliards de dollars américains). Les entreprises suivantes sises en Suisse ont également obtenu une place parmi les 300 entreprises ayant les valorisations les plus élevées du monde à la fin 2018: Chubb Limited (163e, 57 milliards de dollars américains), Glencore (202e, 50 milliards de dollars américains), UBS (230e, 45 milliards de dollars américains), Zurich (242e, 43 milliards de dollars américains) et ABB (278e, 40 milliards de dollars américains).

Les entreprises suisses dans leur ensemble sont en quatrième position dans le classement des capitalisations boursières par pays. «La Suisse est et reste une place économique forte, mais elle doit toutefois aussi savoir s’affirmer dans l’ère du tout numérique, tous secteurs confondus.» commente Stefan Rösch. Même si la capitalisation boursière des trois plus grandes entreprises suisses a baissé par rapport à l’année précédente, Nestlé, Roche et Novartis ont pu progresser dans le classement.

 

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