Les négociants Trafigura et Mercuria prévoient un baril de pétrole à 100 dollars d’ici fin 2018 ou début 2019

26 septembre 2018

Agence Ecofin) – Le prix du pétrole pourrait atteindre 100 dollars le baril à la fin de l’année en cours ou début 2019 avec l’entrée en vigueur de sanctions américaines contre l’Iran, selon des prévisions présentées le 24 septembre par les groupes de négoce Trafigura et Mercuria.

«Les sanctions visant l’Iran pourraient avoir pour effet de retirer du marché, près de 2 millions de barils par jour (bpj) de brut d’ici la fin de l’année, ce qui rendrait possible une poussée des prix jusqu’à 100 dollars.», a déclaré Daniel Jaeggi (photo), président de Mercuria Energy Trading lors de la Conférence pétrolière régionale Appec (Asia Pacific Petroleum Conference) tenue à Singapour.

«Nous devons nous préparer à un accès de volatilité au quatrième trimestre car le marché n’a tout simplement pas la réponse appropriée, en termes d’offre, à la disparition de deux millions de bpj.», a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis ont déjà mis en œuvre des sanctions financières contre l’Iran, qu’ils voudraient pousser à accepter un nouvel accord nucléaire après celui de 2015 duquel Washington s’est retiré unilatéralement. Ces sanctions seront étendues à l’industrie pétrolière iranienne à partir du 4 novembre.

«Le prix du baril pourrait atteindre 90 dollars le baril d’ici Noël et 100 dollars autour du Nouvel An avec le resserrement de l’offre sur le marché.», a avancé de son côté le coresponsable de négoce de pétrole chez Trafigura, Ben Luckock.

Dans un rapport publié le 21 septembre, la banque américaine JP Morgan a pour sa part jugé «probable» une remontée des cours à 90 dollars dans les prochains mois.

Le cours du Brent, référence du marché mondial, a atteint le 25 septembre, 82,82 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE), le marché pétrolier de Londres, soit son plus haut niveau depuis novembre 2014. Cette hausse s’explique essentiellement par les inquiétudes des investisseurs quant à une réduction de l’offre mondiale de brut provoquée par les sanctions américaines contre l’Iran alors que la demande mondiale s’approche pour la première fois de la barre des 100 millions de bpj.

 

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