Les PME abordent 2012 avec pessimisme

6 mars 2012

Le climat des affaires qui s’était déjà dégradé au début de 2011 a continué de s’aggraver au quatrième trimestre. Mais dans l’ensemble, les petites et moyennes entreprises (PME), et principalement celles dont l’activité est industrielle, font un meilleur bilan de leur situation économique que les grandes entreprises. Pour l’année qui vient de commencer, les PME s’attendent à devoir affronter un climat des affaires plus austère encore.

Le recul des prix de vente, des bénéfices et des flux de liquidité des PME s’est en effet accéléré au cours du quatrième trimestre tout juste écoulé. Et pour la première fois, les chiffres d’affaires ont baissé par rapport à l’année précédente.

Pour le premier trimestre de l’année en cours, les PME tablent sur une forte baisse de leurs chiffres d’affaires et des bénéfices. Tandis que les PME avaient mieux évalué le quatrième trimestre passé que les grandes entreprises, leur estimation du premier trimestre rejoint cette fois celle de leurs grandes sœurs: toutes redoutent un ralentissement tenace de l’activité. C’est probablement ce qui explique que les PME s’attendent pour la première fois depuis plus de deux ans à une baisse de leurs effectifs.

La situation dans l’industrie n’a eu cesse de se dégrader tout au long de l’année passée. Malgré cela, les PME tout comme les grandes entreprises affichaient des effectifs inchangés au quatrième trimestre. Cette fois, ce sont principalement les PME qui s’attendent à des mesures de réduction du personnel.

Par rapport à d’autres branches, le secteur du bâtiment reste en bonne santé. Ainsi, chiffre d’affaires et emploi ont pu être maintenus au même niveau au quatrième trimestre. A savoir toutefois que la baisse des prix cause des problèmes à ce secteur, ce qui se traduit, tant pour les PME que les grandes entreprises, par un léger repli des bénéfices. Les PME évaluent le premier trimestre de cette année d’une façon bien plus pessimiste que les grandes entreprises.

Le niveau de l’emploi pour les PME du commerce de détail est encore susceptible de grimper

Pour le secteur tertiaire, les PME sont à l’inverse plus optimistes que les grandes entreprises. Les bénéfices et les flux de trésorerie des grandes entreprises étaient en berne sur le quatrième trimestre du dernier exercice. De plus, PME et grandes entreprises ont dû dès le milieu de l’année faire des concessions très claires en termes de prix de vente. Contrairement aux grandes entreprises, les PME pensent pouvoir faire grossir leurs effectifs ce trimestre encore.

Dans le commerce de détail, ce sont principalement les grandes entreprises qui se sont massivement retrouvées sous pression depuis le milieu de l’année dernière. Elles ont vu leurs bénéfices, chiffres d’affaires, prix de vente et flux de liquidité fondre bien plus massivement que les PME. Certes, ces dernières accusent également de forts replis de leurs chiffres, mais la grande différence se situe au niveau des effectifs. Tandis que les chiffres de l’emploi restaient inchangés l’an passé au sein des PME, on constate une nette réduction du personnel employé par les grandes entreprises. La branche du tourisme enregistre également des chiffres légèrement meilleurs pour les PME que les grandes entreprises. A noter toutefois que les perspectives se sont aussi nettement assombries depuis le milieu de l’année précédente pour les PME et que l’on s’attend au prolongement de ce ralentissement pour le premier trimestre 2012.

En dépit de la force du franc, la majorité des entreprises privilégient un taux de change flottant

A l’occasion de sa toute dernière enquête, UBS a interrogé les entreprises sur les différents aspects. A la question de savoir si l’indexation du franc, voire l’adoption de l’euro serait favorable sur le long terme à l’activité, 37% des entreprises interrogées ont répondu par l’affirmative. 63% des entreprises interrogées considèrent que le taux de change flottant est un avantage. L’adhésion au taux de change flottant varie toutefois d’un secteur à l’autre. Les opposants au taux de change flottant se trouvent principalement dans le camp des secteurs tournés vers l’exportation, comme l’industrie électrique et le secteur des matériaux. A l’inverse, les secteurs dont l’activité est orientée sur le marché domestique, comme l’immobilier ou le secteur du bâtiment, s’en font les fervents défenseurs.

33% des entreprises interrogées ont indiqué avoir tiré profit de l’introduction de l’euro. Pour un tiers d’entre-elles, l’introduction de l’euro n’a exercé aucun impact sur leur activité commerciale. Et le tiers restant déclare n’en avoir tiré aucun profit.

 

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