Les PME bravent la cherté du franc

14 juin 2011

Des signes clairs montrent que la demande de biens suisses à l’étranger se développe de façon très encourageante. Les PME export entament donc le 2e trimestre 2011 avec bonne humeur. C’est ce qui ressort de l’Indicateur export des PME du Credit Suisse et de l’Osec. Mais la cherté du franc reste un facteur d’insécurité.

Le baromètre des exportations du Credit Suisse, qui mesure la demande étrangère de produits suisses, indique 1.4, une valeur assez exceptionnelle qui n’avait plus été atteinte depuis l’an 2000.

Comme cet instrument donne des prévisions à un ou deux trimestres, les perspectives s’annoncent excellentes pour l’industrie exportatrice: les fortes hausses attendues de la demande à l’étranger devraient induire une augmentation des volumes à l’export.

De toute évidence le dynamisme de la demande étrangère fait le beurre des PME suisses. C’est ce que révèlent les perspectives export des PME de l’Osec, qui reposent sur un sondage réalisé auprès d’un panel de plus de 200 entreprises suisses. Elles affichent actuellement 69,7 points, soit presqu’autant qu’au trimestre précédent (70,6). Cette valeur est calculée à partir du climat export ressenti par les PME pour le 2e trimestre 2011 et des exportations réalisées au trimestre précédent. Sur l’échelle de l’indice, de 0 à 100, les valeurs supérieures à 50 signalent une croissance des exportations. Malgré la cherté de la monnaie suisse, les PME suisses parviennent à s’affirmer sur les marchés.

Hausse dans presque toutes les branches

Selon les perspectives export des PME de l’Osec, toutes les branches devraient accroître leurs ventes étrangères au 2e trimestre 2011. La construction mécanique table même sur un véritable boom. L’optimisme est de mise aussi chez les entreprises actives dans l’électrotechnique et dans les services et dans une moindre mesure dans l’industrie du papier, la métallurgie et les instruments de précision. Seule l’industrie des biens de consommation craint un recul de ses ventes étrangères, un défaitisme dû au franc fort.

Les entreprises qui tablent sur une hausse de leurs exportations ces prochains mois l’attribuent à leurs propres efforts d’adaptation, notamment à un marketing renforcé (47%) et aux efforts d’innovation produits (47%). Le baromètre export du Credit Suisse indique aussi une nette progression de la demande étrangère dans toutes les principales branches exportatrices, en particulier dans la métallurgie, la pharma et l’électrotechnique. En ce qui concerne les machines et l’industrie chimique, les pronostics de croissance export varient légèrement.

La Chine en progression

Selon le baromètre export du Credit Suisse, la croissance des exportations est bien répartie sur le plan géographique: les signaux sont au vert dans presque tous les pays. Selon les perspectives export des PME toutefois, des changements devraient apparaître ces six prochains moins (au 2e et 3e trimestres) dans les destinations export de la Suisse: malgré la faiblesse de l’euro, davantage de PME exporteront en Europe. Quand à la Chine, elle est plus souvent nommée que les Etats-Unis. C’est en effet la destination extra-européenne préférée des exportateurs suisses.

Le franc fort laisse des traces

Plus de la moitié des PME suisses interrogées (55%) estiment que leurs exportations diminueront en raison de la cherté du franc suisse. L’industrie de précision (82%), la métallurgie (76%) et l’industrie du papier (69%) sont particulièrement affectées par les variations de change. A l’inverse, les services (40%) résistent relativement bien, de même que l’électrotechnique (43%) et les biens de consommation (46%).

Pour 75% des PME interrogées, la cherté du franc a eu des effets négatifs sur leurs marges bénéficiaires. Elles sont nombreuses à craindre que la pression sur les marges ne se relâche avant longtemps, principalement dans l’industrie du papier (93%) et la chimie-pharma (90%), ainsi que, dans une moindre mesure, dans la construction mécanique (79%) et la métallurgie (78%). Les 25% de PME qui ne redoutent pas de voir fondre leurs marges font valoir les arguments suivant: leur faculté d’imposer des augmentations de prix, le fait de se couvrir contre les risques de change et l’abaissement des coûts de production.

 

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