L’évolution des taux d’intérêt à travers le monde

8 mars 2012

Les principaux taux d’intérêt des pays industrialisés vont-ils se maintenir à un niveau proche de zéro ou bientôt remonter et franchir la barre des 1 % ? Et qu’en est-il des pays en développement ?

Le ralentissement de la croissance dans les pays BRIC est-il le signe avant-coureur d’une chute des taux ? C’est à ce type de questions que répond le livre blanc World Real Interest Rates: A Tale of Two Regimes (« Les taux d’intérêt réels à travers le monde : deux régimes distincts »), publié par le DWS Global Financial Institute (DGFI).

Son auteur, Jagjit Chadha, professeur à l’université du Kent et au Centre for International Macroeconomics and Finance de l’université de Cambridge, décrit ce que signifie réellement le repli généralisé des taux d’intérêt à travers le monde, pourquoi cette évolution est positive pour l’économie mondiale et pourquoi il faut s’attendre à une progression continue dès que la croissance sera rétablie. Jagjit Chadha met notamment en lumière le lien entre inflation et taux d’intérêt d’un point de vue purement global.

« Mon analyse fait apparaître deux régimes de taux réels : s’ils sont en temps normal positifs et varient avec l’évolution de la conjoncture internationale, ils deviennent négatifs lorsque l’économie mondiale est en rupture. Ce n’est qu’une fois la croissance assurée que les taux réels ré-augmentent pour atteindre rapidement un niveau plus conforme à la normale. Ceci s’explique notamment par le fait que les banques ont, elles-mêmes, un appétit considérable en matière de capitaux et qu’elles cherchent à limiter la hausse du coût de refinancement du fait d’une raréfaction– réelle ou supposée –des liquidités. Cela entraîne une forte hausse des taux quand les placements sont immobilisés, ce qui explique pourquoi les rendements réels devraient, à moyen terme, tourner autour de 2 à 4 % », explique J. Chadha.

Une analyse à laquelle souscrit Asoka Wöhrmann, directeur international de la gestion chez DWS Investments : « Le faible niveau des taux que nous connaissons depuis un certain temps, en Europe et aux États-Unis, résulte directement de la réaction élémentaire et constante des banques centrales face à la crise financière et aux déséquilibres persistants de l’économie mondiale. Nous estimons, en revanche, que l’inflation a atteint son niveau maximum sur les marchés émergents, ce qui laisse une marge pour de nouvelles baisses des taux d’intérêt. »

 

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