Mobile Money : derrière la success story en Afrique subsaharienne, il faut pouvoir anticiper sur les défis latents selon le FMI

19 février 2019

(Agence Ecofin) – Un récent rapport publié par le Fonds Monétaire International dévoile qu’en 2017, l’Afrique subsaharienne dominait le monde en termes d’adoption et d’utilisation du mobile money avec près de 40 pays utilisant ce service de paiement mobile.

A cette période, la région comptait près de 250 comptes mobile money pour 1000 adultes, contre 150 comptes pour 1000 adultes en Asie, 125 comptes pour 1000 adultes en Amérique latine et en Europe et 50 comptes pour 1000 adultes dans la zone Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord).

Le nombre de points de vente des services mobile money est également plus important en Afrique subsaharienne. A la date de la finalisation de l’étude, on y dénombrait en moyenne 200 points mobile money pour 100 000 adultes. La Tanzanie est le premier pays du continent par le volume des transactions réalisées via ce mode de paiement. Elle est secondée par le Kenya, pays pourtant pionnier dans l’adoption et le développement du mobile money.

Mais l’objectif du FMI avec ce rapport n’était pas uniquement de célébrer la montée en puissance du mobile money dans les pays africains. Dans sa perspective de surveillance de la stabilité financière internationale, ses experts s’interrogent aujourd’hui sur le type de risques qui pourraient en surgir.

Cette progression du mobile money va de pair avec les défis qu’il faudra adresser

De plus en plus de services mobile money permettent des transactions entre le téléphone et les banques. Une opportunité d’accélération de l’inclusion financière, pour une région dans laquelle seulement 20% de la population dispose d’un compte bancaire. Mais aussi une évolution qui comporte son lot de défis.

Les analystes du FMI estiment que trois défis majeurs devront être adressés par les gouvernements des pays africains.

Le premier est celui du risque de contrepartie. Les fonds dormant dans les réseaux de Mobile Money, qu’ils soient détenus dans le téléphone des particuliers ou celui des agents, devraient avoir une architecture de couverture des risques qui soit bien solide.

Le deuxième défi identifié est celui d’une panne informatique qui plomberait toute capacité d’effectuer les opérations, ou alors qui conduirait à une soustraction frauduleuse de l’argent dormant dans les réseaux de mobile money.

Le troisième risque majeur à adresser est celui d’une probable influence macroéconomique de ce secteur qui progressivement devient une pratique usuelle pour les populations.

Mais au-delà de ces points critiques, d’autres experts opposent le fait que, s’il faudra investir davantage, notamment pour la sécurité, le Mobile Money doit être toujours perçu comme une chance exceptionnelle de changer la manière dont l’argent circule en Afrique subsaharienne et offrir de nouvelles opportunités à de nouvelles personnes. De nombreux gouvernements en font désormais l’expérience et peuvent mobiliser plus aisément de la ressource fiscale avec un déploiement minimum de ressources.

Idriss Linge et Chamberline Moko

 

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