Nigeria : la Banque centrale résolue à pousser les banques commerciales vers plus de prêts à l’économie réelle

22 juillet 2019

(Agence Ecofin) – Au Nigeria, la Banque centrale (CBN) semble résolue à poursuivre avec sa logique visant à pousser les banques commerciales à octroyer plus de crédits à l’économie. Lors d’un appel d’offres visant à injecter de la liquidité au sein de l’économie, l’institution a contraint les banques à participer à hauteur des besoins de crédits exprimés par leurs clients, et qu’elles auraient validés.

En clair, le message semble être : « Si vous ne justifiez pas d’un besoin de liquidité pour satisfaire une demande de crédit effective, pas de titre pour vous ».

Un message délicat pour les banques commerciales basées au Nigeria, qui s’inquiètent d’être forcées de prêter dans une économie, où le niveau de créances douteuses est élevé (15% à fin mars 2019) et la régulation prudentielle assez stricte. D’un autre côté, les taux d’intérêt sur les émissions de la CBN sont intéressants, notamment 12,5% pour la dernière offre du mercredi 17 juillet dernier.

Les analystes du marché nigérian des capitaux sont partagés, car la Banque centrale envoie plusieurs messages en même temps. Certains voient dans cette limitation de l’accès des banques locales aux appels d’offres d’injection de liquidité, une volonté de donner plus d’espace aux investisseurs étrangers. Une astuce qui permettrait d’augmenter, du moins sur le moyen terme, la masse de contrepartie extérieure nécessaire pour stabiliser le taux de change du naira avec le dollar. 

Une analyse croisée de leurs performances montre, en effet, que la monnaie nigériane a perdu 17,8% de sa valeur, sur celle des Etats-Unis. Toutefois en limitant la possibilité pour les banques commerciales de tirer profit des revenus que génèrent les investissements sur les titres publics, on pourrait assister à une double sortie des capitaux. D’une part, ces banques peuvent chercher à investir sur d’autres marchés, notamment celui des régions économiques voisines (UEMOA et CEMAC). Aussi, les investisseurs étrangers de ces banques pourraient céder leurs participations, craignant un risque de baisse de rentabilité sur ces placements.

Idriss Linge

 

Recommandé pour vous