Pourquoi un nombre aussi élevé de jeunes diplômés au chômage ?

18 octobre 2011

Actuellement, le nombre de jeunes chômeurs, âgés entre 15 et 24 ans, s’élève à près de 22’000 selon le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO). Pour obtenir un emploi aujourd’hui, il faut correspondre à un profil type : parler et rédiger correctement au minimum deux langues, à Genève, souvent le français et l’anglais sont demandés.

Cependant cela ne suffit pas, il faut avoir comme atout une troisième langue, à l’oral et à l’écrit correct, souvent l’allemand. Et ce n’est pas fini, une quatrième langue, telle que l’italien, le russe, l’espagnol ou l’arabe sont elles aussi de véritables atouts.

Partir à l’étranger et être en total immersion permet un bien meilleur apprentissage de la langue. Toutefois, cela dépend de chaque étudiant, mais il est clair que tous n’ont pas cette possibilité. Après le mur des langues franchi, les recruteurs exigent désormais des jeunes candidats, plusieurs années d’expérience professionnelle…

Oui, mais, en fait pour obtenir un diplôme d’études supérieures, il faut étudier… trois ans minimum pour un bachelor, un an et demi minimum pour un master, sans compter le temps passé à l’étranger pour approfondir les langues, comptons minimum trois mois. Cela fait cinq ans d’études environ, ce n’est donc pas avant 24 ans environ que l’étudiant termine ses études supérieures, pour faire une moyenne large ! Est-ce volontairement que le nombre des jeunes chômeurs du SECO comprend seulement les jeunes entre 15 et 24 ans ? Qu’en est-il des plus de 25 ans ? Ils sont compris dans la tranche 25-49 ans, et celle-ci s’élève à plus de 87’000.

Et comment faire pour acquérir une expérience professionnelle alors que l’étudiant doit se concentrer sur ses études ? Doit-il les mettre en péril au profit d’une telle expérience ? Vous pensez aux stages, mais lorsqu’un employeur demande de l’expérience professionnelle, c’est souvent une question d’années… peu probable qu’un étudiant ait cela dans son bagage, ou en tout cas difficile de concilier études et stages.

Les étudiants sont d’un côté incités à poursuivre leurs études, jusqu’au niveau master au moins. Ensuite, une fois les études terminées, ils se retrouvent dans la catégorie des « surqualifiés », mais qui n’ont soit pas assez de langues, soit pas assez d’expériences professionnelles.

Que font les étudiants après avoir obtenus leurs diplômes ?

Ils cherchent un emploi évidemment ! Souvent, en vain. Alors ils n’ont pas d’autres choix que d’accepter des stages à durée déterminée et fréquemment très mal rémunérés. Et finalement, une partie d’entre eux s’inscrivent au chômage à défaut de pouvoir subvenir à leurs besoins.

Quelles sont les conséquences de la révision de la LACI pour les jeunes diplômés au chômage ?

La révision implique une durée de l’assurance-chômage réduite de moitié, soit 9 mois au lieu d’un an et demi auparavant. Un délai d’attente de 120 jours, et tant pis pour les exceptions qui existaient pour les plus de 25 ans avec une obligation d’entretien ou qui avaient achevé une formation professionnelle. Tous sous le même régime : 120 jours d’attente. Comment vivre pendant 120 jours sans emploi et sans toucher d’assurance-chômage ?

Et le summum de la révision, les jeunes chômeurs de moins de 30 ans devront accepter un emploi même s’il n’a aucun rapport avec leurs études ou l’activité que le jeune exerçait précédemment.

Conclusion :

Comment bien commencer dans la vie sans trouver d’emploi, devoir s’inscrire au chômage et accepter un emploi à mille lieux de nos études ? La plupart des jeunes, selon le SECO, trouvent un emploi au bout de quelques mois, mais qu’en est-il des 21% qui ne trouvent pas d’emploi ? Avoir moins de 30 ans, être en fin de droit et devoir s’inscrire à l’aide social, ou devoir accepter un emploi qui ne correspond absolument pas à ses ambitions… la conjoncture mène à des chemins bien noirs, et le peuple suisse, dans sa majorité, aime à les suivre.

Ella Dettwiler/Rédactrice chez Le Monde Economique

 

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