Risques sur près de 90 millions $ de capitaux investis, suite à l’insolvabilité déclarée de Mobisol qui opère en Afrique

6 mai 2019

(Agence Ecofin) – Commentant la procédure d’insolvabilité enclenchée par l’entreprise dont il est en charge depuis le début de cette année, Andrew Goodwin, directeur exécutif de Mobisol GmbH, une entreprise allemande spécialisée dans les offres d’énergie hors réseau, s’est voulu rassurant.

« Avec la confiance placée en nous par nos collaborateurs et nos actionnaires, nous sommes convaincus de l’avenir radieux de Mobisol. Notre business model unique combiné au mix de la technologie utilisée, du mode de financement et de distribution innovant de nos installations solaires domestiques, constitue un potentiel important.», a-t-il fait savoir.

Son calme ne risque cependant pas d’être partagé par tout le monde, notamment les institutions de financement du développement et des investissements d’impacts, qui ont justement fait confiance à ce « modèle unique ». Le dernier en date à s’être engagé est Investec Asset Management, qui a impliqué son deuxième fonds dédié au capital-investissement en Afrique (Africa private Equity Fund II). 

La firme d’investissement n’était pas seule et s’est fait accompagner par la Société financière internationale et le Fonds néerlandais de financement du développement (FMO). A côté de ces investisseurs, on retrouve le Finnfun (fonds finlandais de financement du développement) et bien sûr la DEG (banque allemande de financement du dévellopement), qui ont apporté depuis 2011, des ressources en fonds propres ou sous forme de dettes pour un montant oscillant entre 80 et 90 millions $.

Même si rien n’est encore alarmant, Mobisol impose à ces partenaires, le processus redouté de l’administration provisoire et de la restructuration. Les apporteurs de ressources en dette ne seront pas remboursés à temps et ceux qui ont mis les fonds propres pourraient attendre pour voir arriver les rendements. 

Rappelons que bien qu’elle soit basée en Allemagne, l’entreprise Mobisol mène l’essentiel de ses activités en Afrique, notamment subsaharienne. Au regard de la tournure des choses, son modèle économique ne semble pas avoir résisté à des pressions de conjoncture et d’environnement économique. Des analystes proches de ses activités, font savoir qu’elle a subi une concurrence rude mais aussi un niveau important d’insolvabilité de ses clients.

Bien plus que Mobisol, cette évolution décevante, ne manquera pas d’influencer les décisions d’engagement des investisseurs sur les projets d’énergies durables en Afrique, qui sont pourtant présentés comme un des moyens fiables de réduction du gap énergétique dans la région.

Idriss Linge

 

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