Photo: K.A.Potvin ©
Depuis son enfance, Kim-Andrée Potvin ne rêvait pas de gloire mais d’ailleurs. À douze ans, elle promet qu’elle parcourra le monde. Trente ans plus tard, elle tient parole, et bien plus encore : elle dirige l’une des banques privées les plus respectées de Suisse. Mais dans ce parcours, ce n’est pas l’ascension qui impressionne, c’est la manière car elle a traversé la finance comme on traverse un océan, en laissant derrière elle un sillage singulier, à la fois discret et indélébile. Son histoire n’est pas seulement un chemin de réussite, c’est une ode à l’audace, à la persévérance et à la joie. Derrière la dirigeante qui pilote aujourd’hui une institution bicentenaire, il y a une femme qui avance avec passion, portée par une lumière intérieure qui transforme chaque défi en horizon, chaque doute en tremplin. Une lumière qui éclaire les chemins les plus escarpés, et qui invite chacun à croire que l’on peut réussir sans se renier.
Née au Canada, Kim-Andrée Potvin grandit dans une famille où l’effort n’est pas une option, mais une évidence. Son père, hockeyeur professionnel, lui transmet le goût de la discipline. Sa mère le sens du devoir, de l’engagement et d’aller au bout de ses rêves. Son arrière-grand-père, globe-trotteur avant l’heure, lui insuffle l’envie de voyager et de découvrir le monde.
À quatre ans déjà, la petite Kim-Andrée chausse ses premiers patins. Le patinage artistique devient son école de vie : quatorze années de rigueur, de résilience et de dépassement de soi. Dans le froid mordant de Montréal, cinq fois par semaine, elle répète inlassablement les mêmes figures, les mêmes gestes, les mêmes chutes. Encore. Et encore, jusqu’à ce que le mouvement devienne fluide ; jusqu’à ce que le corps comprenne ce que l’esprit exige. Le patinage artistique ne lui a pas appris à briller, il lui a appris à recommencer, à tomber sans se briser, à se relever sans se plaindre et à viser la justesse mais pas la perfection. Cette rigueur, cette ténacité, deviendront sa signature professionnelle car sur la glace comme dans la vie, Kim-Andrée avance, patin après patin, décision après décision, avec cette force tranquille qui ne cherche pas à impressionner, mais à construire.
À 22 ans, son MBA en poche, Kim-Andrée envoie exactement cinq CV à Paris. Pas 300 Curriculum Vitae comme le feraient la plupart des jeunes diplômés, mais cinq : ciblés, réfléchis, stratégiques. Andersen Consulting la recrute, et c’est le début d’une aventure européenne. Elle enchaîne les expériences dans des groupes prestigieux comme BNP Paribas, puis dans des structures plus agiles comme Bamboo Capital Partners et Landolt & Cie. À chaque étape, elle apprend. À chaque virage, elle choisit. Son arrivée en janvier 2025 à la tête de la banque Bonhôte n’est pas un hasard. Elle y a d’abord été COO, avant de succéder à Yves de Montmollin, qui a dirigé la banque pendant dix ans. À 50 ans, elle prend les rênes avec une vision claire : accélérer la croissance, renforcer l’expérience client, faire de la technologie un allié sans perdre l’humain de vue. Elle veut une banque plus rapide, plus connectée, plus réactive mais toujours fidèle à ses valeurs.
Son moteur ? L’enthousiasme. « C’est la plus belle des émotions, parce qu’elle est positive et transmissible », confie-t-elle. Cette énergie, elle la met au service de ses équipes, de ses clients, de sa vision. Elle croit au pouvoir du lien, à la force de l’écoute, à la capacité de catalyser les talents. Chez Bonhôte, elle retrouve un ADN entrepreneurial qui lui parle : une banque à taille humaine, réactive, indépendante, capable d’ouvrir un compte en 24 h pour un client domicilié en Suisse.
La nature est sa source d’inspiration. Elle y puise le calme, la clarté, la créativité. Elle y retrouve l’essentiel, loin du tumulte des agendas surchargés. Cette connexion au vivant irrigue sa vision car elle est consciente que la finance peut être un levier de transformation si l’on garde les pieds dans le réel et les yeux sur le futur. Et quand sa meilleure amie lui dit après 35 ans d’amitié : « tu n’as pas changé », Kim-Andrée y voit le plus beau des compliments car derrière cette apparente constance se cache en réalité une capacité d’adaptation remarquable, une authenticité qui lui permet de rester fidèle à ses valeurs tout en évoluant constamment. Aujourd’hui, ses priorités dépassent le seul périmètre de la banque. Elle veut transmettre, connecter, accompagner. « J’aime bien connecter les personnes », confie-t-elle. On devine dans cette simplicité une vocation plus profonde : celle d’une « passeuse », qui relie les talents, rapproche les continents et crée des ponts.
Le parcours de Kim-Andrée Potvin prouve qu’il est possible de réussir sans renier ses origines, de diriger sans perdre son humanité, d’innover sans sacrifier son authenticité. Dans un monde qui valorise la vitesse, elle choisit la justesse. Dans un univers où l’on mesure la réussite en courbes et en ratios, elle rappelle que la vraie performance se lit aussi dans les regards, les silences et les gestes qui relient. À ceux qui doutent, elle offre une lumière. À ceux qui cherchent, elle tend une main. Et à ceux qui veulent bâtir autrement, elle trace un chemin. Et quelque part, dans le froid de Montréal, cette petite fille de douze ans peut maintenant sourire : le monde l’attendait. Kim-Andrée Potvin y a laissé bien plus qu’une simple empreinte, elle y a semé des étoiles.
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