Fashion Week | Tête à tête avec Tony Ward : « Les idées n’attendent pas les heures de bureau, elles vous saisissent dans un avion, en voiture ou lors d’un dîner ! »

1 octobre 2026

Fashion Week | Tête à tête avec Tony Ward : « Les idées n’attendent pas les heures de bureau, elles vous saisissent dans un avion, en voiture ou lors d’un dîner ! »

Photo: Tony Ward ©

« L’Architecte du Détail », une définition qui colle à son allure de maître du design. Tony Ward a baigné dans la couture et parvient à créer l’événement à chacun de ses défilés. A travers les silhouettes qu’il confectionne prodigieusement, les femmes ne s’habillent pas pour une occasion : mais pour la vie ! Le Monde Economique est allé glaner quelques confessions…

Par Sabah Kaddouri

Est-ce un défi encore plus grand de reprendre les rênes d’une marque familiale plutôt que de commencer de zéro ?

Photo © Tony Ward

Tony Ward : Honnêtement, oui ! Parce qu’il ne s’agit pas seulement d’une entreprise, c’est un projet du cœur. Lorsque vous partez de zéro, vous ne portez que vos propres attentes. Mais quand vous vous inscrivez dans un héritage familial, vous tenez le rêve de toute une vie de quelqu’un d’autre entre vos mains. Mon père a créé quelque chose de magnifiquement fort en 1952, et mon plus grand défi a été de trouver l’équilibre entre honorer son précieux savoir-faire et y apporter ma propre vision moderne. Vous voulez rendre les vôtres fiers tout en trouvant votre propre voie, ce qui génère une pression émotionnelle tout à fait unique.

Quelle(s) leçon(s) retenez-vous en chemin ?

Tony Ward : La patience et l’humilité. En Haute Couture, on ne peut pas précipiter la perfection. Le tissu a sa propre volonté, et chaque détail demande du temps. Mais surtout, j’ai appris qu’on n’est rien sans son équipe. Une robe n’est pas seulement créée par un designer ; elle est façonnée par ces mains magiques qui travaillent avec amour pendant des heures. Traiter les gens avec respect et garder les pieds sur terre, peu importe l’ampleur que prend la maison, est la plus précieuse leçon que mon parcours m’ait enseignée.

Vous êtes un grand nom de la Haute Couture libanaise, une mode capable de plaire de Hollywood à Bollywood. Comment expliquez-vous ce « génie libanais » qui n’est finalement partagé que par l’école française et italienne ?

Tony Ward : Cela vient de notre histoire et de notre esprit. Le Liban est au carrefour des cultures… Les femmes libanaises ont un amour inné pour le glamour et la fête ; elles ne s’habillent pas seulement pour une occasion, elles s’habillent pour la vie ! Cette passion, alliée au savoir-faire technique inspiré de l’école française et à la fluidité italienne, crée une magie bien particulière. Nous savons comment faire en sorte qu’une femme se sente comme sa propre muse, comme je le dis toujours, où qu’elle se trouve dans le monde.

Quels mots souhaitez-vous mettre sur votre signature stylistique ?

Photo © Tony Ward

Tony Ward : « Architecte du détail. » J’aime la structure, les lignes épurées et les coupes géométriques, toujours adoucies par le mouvement et la délicatesse des broderies main. C’est un contraste entre force et légèreté : faire d’une robe une œuvre d’art tout en offrant le confort d’une seconde peau à la femme qui la porte.

Quels créateurs ou figures intimes vous ont inspiré dans votre parcours ? Et où trouvez-vous l’inspiration collection après collection ?

Tony Ward : Mon père, Elie, sera toujours ma plus grande source d’inspiration ; Il m’a transmis l’âme de la couture. Mes années à Paris, à travailler aux côtés de grands maîtres comme Gianfranco Ferré chez Dior et Karl Lagerfeld chez Chloé, ont également façonné ma vision de la structure et de l’artisanat. Quant à mes collections, l’inspiration vient de partout : de l’architecture, de la nature, de la lumière, des voyages, ou même d’une simple conversation.

Entre processus créatif et affaires, votre journée-type ?

Tony Ward : C’est un beau chaos organisé ! En général, je commence la journée tôt avec un café et un moment de calme pour me concentrer. Ensuite, ma journée se divise en deux : une moitié est faite de pure émotion et de créativité dans l’Atelier, et l’autre de pure réalité, entre réunions, plans financiers et stratégie d’entreprise. Je passe constamment de discussions sur le perlage délicat aux enjeux de la logistique internationale !

Un objet indispensable au quotidien ?

Photo © Tony ward

Tony Ward : Mon carnet de croquis et mon stylo. Je ne vais nulle part sans eux. Les idées n’attendent pas les heures de bureau, elles vous saisissent dans un avion, en voiture ou lors d’un dîner…

Rihanna, Aishwarya Rai… Vous avez habillé les plus grandes célébrités. Qui aimeriez-vous voir en Tony Ward et pourquoi ?

Tony Ward : J’aime habiller les femmes qui possèdent une énergie puissante et authentique… Des femmes qui s’imposent dès qu’elles entrent dans une pièce, simplement en restant elles-mêmes. J’adorerais habiller quelqu’un comme Anne Hathaway ou Meryl Streep. Elles ont toutes les deux cette incroyable capacité à porter la Couture avec une aisance et une assurance naturelles !

La femme Tony Ward en trois mots ?

Tony Ward : Confiante, rayonnante et intemporelle.

Citation :

Tony Ward : « J’aime habiller les femmes qui possèdent une énergie puissante et authentique… Des femmes qui s’imposent dès qu’elles entrent dans une pièce, simplement en restant elles-mêmes. »

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