Par « The Globe » rédigées par Eurizon Asset Management
Un an après le lancement du plan pluriannuel massif de dépenses pour la défense et les infrastructures, l’économie allemande est en reprise. Le plan avait été annoncé par le gouvernement au printemps de l’année dernière mais n’a été mis en oeuvre qu’à partir de l’automne, après l’approbation de la loi de finances par le Parlement.
Depuis lors, le gouvernement a augmenté de manière significative les dépenses publiques et prévoit de les accroître davantage, en ayant recours au fonds hors budget de 500 milliards d’euros destiné aux investissements dans les infrastructures et la transition énergétique. L’augmentation des dépenses pour la défense est, quant à elle, financée en partie par le Fonds spécial pour la Bundeswehr et en partie grâce à la réforme de la règle du frein à la dette (Schuldenbremse), qui permet d’exclure de la contrainte budgétaire les dépenses de défense excédant 1% du PIB.
En outre, le gouvernement a adopté une série de mesures supplémentaires, dont des incitants à l’investissement, une réduction progressive de la pression fiscale sur les entreprises, des aides à la recherche et des tarifs d’électricité préférentiels pour le secteur productif. Peu avant Noël, une nouvelle initiative a également été lancée (le Deutschlandsfonds), avec pour objectif de mobiliser des capitaux privés en soutien aux investissements
Les effets des mesures adoptées par le gouvernement se sont fait sentir sur l’économie : après trois années de stagnation substantielle, le PIB a en effet repris sa croissance à partir du quatrième trimestre de l’année dernière.•La reprise s’est également poursuivie au deuxième trimestre de cette année, malgré la hausse des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient.
La résistance de l’activité économique a poussé le consensus des économistes à réviser à la hausse leurs prévisions de croissance pour 2026, après les coupes importantes effectuées ces derniers mois par crainte que le conflit entre les États-Unis et l’Iran ne puisse avoir des retombées plus lourdes sur l’économie.
L’expansion a été principalement tirée par la dépense publique mais les exportations ont également contribué positivement.
La poussée de croissance générée par le gouvernement est particulièrement évidente dans les secteurs des travaux d’infrastructure et du génie civil, ainsi que dans la catégorie des «autres moyens de transport», qui a enregistré une forte augmentation des commandes, reflétant les importantes commandes publiques dans les secteurs de la défense, en particulier dans le secteur aérospatial et de la construction navale.
Les perspectives restent également favorables. En effet, bien que les données récentes sur l’activité réelle signalent un possible ralentissement de l’industrie consécutif à certains facteurs temporaires, comme la sécheresse qui a rendu la navigation sur le Rhin plus difficile, la tendance de fond reste orientée vers la reprise.
Les indicateurs avancés, dont les commandes industrielles et les indices de confiance des entreprises (PMI et IFO), se sont nettement améliorés ces derniers mois, signalant non seulement la poursuite, mais également le renforcement de la reprise, malgré la récente forte hausse des prix de l’énergie et la persistance des incertitudes géopolitiques.
Le gouvernement de coalition dirigé par M. Merz mise précisément sur le renforcement de la croissance pour endiguer l’hémorragie de suffrages en faveur du parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD). Lors des récentes élections régionales, l’AfD a en effet encore progressé, surtout au détriment de la CDU, le parti du chancelier Friedrich Merz.
Mais le temps joue en faveur du gouvernement : les prochaines élections nationales n’auront en effet lieu qu’en 2029.
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