ADA 2026 : De l’efficacité à l’adhésion thérapeutique

16 juin 2026

ADA 2026 : De l’efficacité à l’adhésion thérapeutique

Par Terence McManus, Gestionnaire healthcare senior chez Bellevue Asset Management

Lors des sessions scientifiques de l’American Diabetes Association (ADA), l’enjeu n’était plus seulement l’efficacité des traitements, mais leur adoption durable par les patients.

Il y a quelques années encore, la grande question concernant l’obésité et le diabète était de savoir si les nouveaux médicaments pouvaient améliorer de manière significative les résultats cliniques. Lors des sessions scientifiques de l’American Diabetes Association (ADA) de cette année à La Nouvelle-Orléans, cette question semblait largement résolue. L’attention s’est désormais déplacée vers un autre défi : permettre aux patients d’accéder aux traitements, de rester motivés et de poursuivre leur thérapie suffisamment longtemps pour en tirer pleinement les bénéfices.

Plus de 12 000 médecins, chercheurs et dirigeants de l’industrie ont participé ce congrès. Nous y avons rencontré des médecins, des chercheurs et des entreprises de premier plan afin d’échanger sur l’avenir des soins liés à l’obésité et au diabète.

Qu’il s’agisse de médicaments plus efficaces contre l’obésité, de traitements mieux tolérés, de schémas posologiques simplifiés ou encore de technologies liées au diabète qui améliorent l’adhésion des patients, un thème commun s’est dégagé tout au long de la conférence : la prochaine phase d’innovation sera évaluée non seulement à l’aune de l’efficacité, mais également à l’adhésion thérapeutique.

Eli Lilly est restée l’acteur phare du congrès. De nouvelles données issues du programme TRIUMPH ont renforcé la position du retatrutide en tant que leader en matière d’efficacité dans le traitement de l’obésité. Si des pertes de poids pouvant atteindre 30 % peuvent être obtenues avec des doses plus élevées, les médecins se sont particulièrement montrés enthousiastes concernant la faible dose de 4 mg, qui a démontré une efficacité comparable à celle du tirzepatide, tout en générant moins d’effets secondaires et avec un schéma posologique plus simple. Beaucoup considèrent désormais le retatrutide comme le successeur potentiel des principaux traitements actuels contre l’obésité.

Un second thème majeur a été l’émergence des traitements fondés sur l’amylines. L’eloralintide de Lilly a suscité un intérêt considérable après avoir démontré une perte de poids d’environ 20 %, associé à un profil de tolérance favorable. Les médecins considèrent de plus en plus les amylines comme une option thérapeutique différenciée, et non plus simplement comme traitement complémentaire aux traitements par GLP-1. L’intérêt pour cette classe de médicaments a été renforcé par les données encourageantes obtenues sur le diabète avec le CagriSema de Novo Nordisk.

La conférence a également mis en lumière les défis pratiques auxquels sera confrontée la prochaine génération de traitements contre l’obésité. Les médecins ont fait état des retours mitigés concernant l’utilisation le sémaglutide oral (Oral Wegovy) en conditions réelles. Les contraintes liées à sa prise et l’apparition plus progressive des bénéfices perçus semblent compliquer l’adhésion des patients. En revanche, les médecins se sont montrés optimistes quant au potentiel des traitements administrés une fois par mois, comme ceux développés par Pfizer ainsi qu’aux thérapies à base d’amyline, dont le profil d’effets secondaires plus favorable pourrait améliorer la persistance du traitement à long terme.

Au-delà de l’obésité, les technologies liées au diabète ont également présenté des résultats encourageants. L’essai CONNECT de Dexcom a montré que les systèmes de mesure continue du glucose pouvaient aider les personnes atteintes de diabète de type 2 ne recevant pas d’insuline à mieux contrôler leur glycémie. Ces résultats pourraient favoriser un élargissement de la couverture Medicare aux États-Unis et permettre ainsi à davantage de patients d’accéder à cette technologie. 

L’essai STRIVE d’Insulet a également apporté d’excellents résultats pour l’Omnipod 5, son système automatisé d’administration d’insuline. Celui-ci a permis aux patients de passer plus de temps dans une plage glycémique optimale tout en réduisant le nombre de doses d’insuline manuelles. Ensemble, ces études démontrent comment l’innovation dans la prise en charge du diabète peut améliorer qualité de vie des patients tout en créant de nouvelles opportunités de croissance à long terme dans l’ensemble du secteur de la santé.

Pour les investisseurs, les grands gagnants de l’ADA ont été Eli Lilly et Dexcom. Lilly a encore renforcé sa position de leader de l’innovation en matière d’obésité, tandis que Dexcom a mis en avant le rôle croissant de la technologie dans la prise en charge des maladies chroniques. 

Le principal enseignement à retenir de cette édition est toutefois que les marchés de l’obésité et du diabète entrent dans une nouvelle phase. La première vague a récompensé les entreprises qui ont démontré qu’il était possible d’obtenir des pertes de poids spectaculaires et un meilleur contrôle glycémique. La prochaine vague récompensera probablement celles qui parviendront à rendre les traitements accessibles, durables et efficaces dans la pratique au quotidien.

Retrouvez l’ensemble de nos articles Inside

 

Recommandé pour vous