Collecte positive pour les fonds ESG en 2020

19 août 2020

Comment s’y retrouver parmi les labels et les différentes approches de l’ISR ?

Par Coline Pavot, Responsable de la Recherche ESG, La Financière de l’Echiquier

La crise déclenchée par l’épidémie de Covid-19 a peut-être agi comme un accélérateur. L’essor de l’Investissement Socialement Responsable (ISR), amorcé dans un premier temps grâce aux investisseurs institutionnels, s’est poursuivi et intensifié ces dernières années – en France, les encours ISR sous gestion ont été multipliés par 4 depuis 2013 – et plus encore depuis le début de l’année et le déclenchement de la crise. De plus en plus d’investisseurs particuliers, en quête de sens, se tournent vers des placements qui concilient sens et performance. Nous le ressentons fortement et avons connu à La Financière de l’Echiquier (LFDE) une collecte nette de plus de 500 millions d’euros sur nos fonds et mandats ISR depuis le début de l’année. Les comportements commencent à changer, notamment les modes de vie, ou de consommation. Aux effets de la crise s’ajoutent la réglementation et les politiques publiques. En France, la loi PACTE favorise notamment l’ISR et l’investissement solidaire dans les contrats d’assurance vie ; en Europe, le Green New Deal va diriger de nombreux investissements vers des entreprises apportant des solutions aux enjeux de la transition énergétique… Les effets de ces différentes politiques se font déjà sentir et auront une influence encore plus positive à terme.

Les labels ISR se multiplient en Europe

De plus en plus de pays créent leur propre label ISR. La France, pionnière en Europe avec le lancement dès 2009 du label ISR de Novethic, dispose aujourd’hui de deux labels, le label ISR de l’Etat français pour les fonds ISR généralistes et le label Greenfin pour les fonds ISR thématiques environnementaux. Depuis, les labels ont fleuri, que ce soit en Allemagne, au Luxembourg, en Autriche, ou encore en Belgique, avec des approches et des niveaux d’exigence divers notamment en termes d’exclusions. En complément du label ISR de l’Etat français, nous avons obtenu l’an dernier pour nos deux fonds ISR historiques, les labels belge, Towards Sustainability, et allemand, FNG-Siegel, deux labels aux cahiers des charges différents et complémentaires. Nous avons obtenu le label  FNG-Siegel avec le plus haut niveau de qualité, 3 étoiles, ce qui est rarissime dès la première candidature, nous rend fiers, et atteste de la rigueur de notre méthodologie. A défaut d’un label européen de qualité pour la finance responsable, nous considérons que ces labels sont complémentaires et nous différencient sur un marché de l’ISR qui offre une diversité de produits chaque jour plus importante. Ils témoignent de la qualité de notre démarche d’investisseur responsable.

Diversité des approches ISR

Il n’existe pas une, mais plusieurs façons de faire de l’ISR : ISR Best-in-Class, ISR Best-inUniverse, ISR thématique ou encore à impact. Chaque approche a sa raison d’être : accompagnement de tous les secteurs de l’économie dans la transition, développement de technologies vertes… Cette diversité se retrouve dans les offres de produits ISR et d’indices responsables. En fonction de l’approche choisie, le niveau d’exigence ESG dans la sélection des émetteurs sera différent. Une approche tournée vers l’impact se concentrera par exemple sur des émetteurs plus purs et de meilleure qualité ESG alors qu’une approche Best-in-Class devra sélectionner des entreprises de tous les secteurs, même si leurs pratiques ne sont pas forcément les plus exigeantes. Avant donc de s’interroger sur le caractère « sustainable » ou « non-sustainable » d’une entreprise au sein d’un indice, il faut s’interroger sur l’approche poursuivie et par conséquent sur l’objectif extra-financier.

Vers une taxonomie sociale ?

La taxonomie verte est naissante, c’est un projet au long cours pour la Commission européenne, le travail qui reste à accomplir est considérable. Qui plus est, la route est encore longue pour que les investisseurs et les entreprises se l’approprient et que cette taxonomie révèle toute sa richesse. Nous nous réjouissons à l’idée d’une possible taxonomie européenne sociale, car nous estimons que la croissance verte devra être juste socialement, et pour cela, disposer d’une vision globale des enjeux, qui ne soit pas segmentée, est essentiel. Il y aura certainement de nombreuses passerelles à créer entre ces deux chantiers qui permettront d’enrichir l’une et l’autre de ces taxonomies.

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