COMMENT LES EMPLOYES TIMIDES PEUVENT-ILS GAGNER EN VISIBILITE DANS L’ENTREPRISE ?

30 novembre 2020

Par Dessy Damianova

Le potentiel des employés qui peuvent être caractérisés comme « timides » est souvent négligé. Leur propension à s’effacer devant les autres les rend inintéressants dans un environnement qui est de plus en plus marqué par des tendances contraires – celle de l’auto- promotion, de l’accroissement de sa propre visibilité, de l’affirmation du soi en milieu professionnel. Si les responsables d’entreprise ne sont pas suffisamment fins psychologues pour pouvoir déceler les qualités cachés chez les plus timides de leurs subordonnés, ils risquent de passer à côté de trésors véritablement précieux. Pas toujours, mais assez souvent. Car les timides en question s’avèrent souvent de grands intuitifs, de bons analystes, des observateurs lucides.

Les timides, ces invisibles dans l’entreprise.

Et c’est vrai que beaucoup de managers ont tendance à céder aux apparences, en favorisant la promotion des fonceurs aguerris ou des charmeurs de tous bords, ceux notamment dont la principale arme est leur charme et dont le « sésame » pour ouvrir toutes les portes est bien le don de savoir mettre en valeur leurs qualités en « s’extériorisant » au maximum. C’est ce type de personnes que les managers et les leaders vont choisir pour propulser sur le devant de la scène et pour investir de responsabilités accrues. Sans aucun signe d’intérêt à leur égard, sans aucune invitation à monter également sur ladite « scène », les timides restent dans leur coin et s’enfoncent encore davantage dans leurs craintes et dans la conviction croissante de leur insignifiance.

Comment tout cela peut être évité et, selon les cas – réparé ?

En effet, refusant à se concevoir comme l’éternel mal-aimé, comme l’impopulaire et l’« invisible » de l’entreprise, renonçant à sa passivité, le timide aura tout à gagner à apprendre à se rendre utile de la manière qui lui est la plus propre, la plus particulière et la plus personnelle possible. Pour cela, il doit identifier les besoins spécifiques de l’entreprise et les responsabilités que, dans ce domaine, il serait le plus compétent et le mieux formé à assumer. Viendrait ensuite le pas suivant, sans doute le plus difficile pour une personne habituée jusqu’alors à éviter, dans la mesure du possible, tout contact avec ses supérieurs hiérarchiques : demander, justement, un rendez-vous avec le responsable supérieur, lui proposer ses services spécifiques, lui décrire la niche d’action bien particulière dans laquelle il veut agir et lui exposer la manière concrète dont il compte le faire.

Même s’il ne reçoit pas le feu vert pour son projet, le timide sortira assurément satisfait d’un tel tête-à-tête avec son supérieur hiérarchique : il aura d’abord le revigorant sentiment d’avoir frontalement bravé sa peur sociale, et ensuite – toutes les raisons d’espérer d’être enfin entré dans le champ de vision d’un chef qui jusqu’alors l’avait souverainement ignoré. Mais souvent de tels rendez-vous donnent des fruits inespérés et vraiment abondants. Ils peuvent aller de l’approbation du projet proposé à une importante promotion où l’« invisible » de l’entreprise, devenu du jour au lendemain une véritable révélation, se trouve propulsé sur le devant de la scène et investi de  grandes responsabilités.  

Toutefois, pour sortir de la forteresse où leur angoisse sociale les enferme, les personnes souffrant de timidité ne doivent pas compter sur un seul « coup » qui, en un rien de temps, leur donnerait une existence plus tangible et les ferait passer de l’obscurité à la grande lumière. Pour pouvoir véritablement accomplir ce passage, il faudrait travailler régulièrement et systématiquement sur soi-même et gagner chaque jour du terrain contre la timidité et l’angoisse. D’après certains spécialistes, la personne timide doit commencer par prendre le temps de réfléchir tranquillement sur les raisons de l’extrême sensibilité qu’elle a développée à l’égard de l’opinion des autres, de l’importance démesurée qu’elle donne à leur regard.

Des escapades loin de la zone de confort.

Les « autres », notamment, doivent cesser d’être vus comme cette catégorie abstraite, froide et sans âme, qui, promulgatrice de standards et de normes, devient, aux yeux de celui qui la craint, le juge ultime de toute attitude et l’arbitre de tout comportement. Ces « autres » doivent être approchés le plus souvent possible dans leur réalité quotidienne de collègues de travail, de « compères », de co-équipiers et même de potentiels amis.

Approcher ses collègues et ses supérieurs de travail impliquerait ainsi pour le/la timide, des escapades fréquentes loin de sa zone de confort. La participation active dans le travail d’équipe, la prise de parole lors des réunions, la fréquentation d’événements d’entreprise sont, dans ce sens, d’excellents moyens pour essayer de « s’extérioriser » et rencontrer les autres. 

Une chose est sûre : plus souvent la femme ou l’homme timide quitte sa zone de confort, plus il/elle gagne du terrain dans le cheminement vers davantage de confiance en soi, d’affirmation de sa présence dans l’entreprise et d’acceptation par l’ensemble des collègues.

Retrouvez l’ensemble de nos articles Inside ici

 

Recommandé pour vous