Commentaire en marge de la COP26

17 novembre 2021

Photo © Banque REYL

Par Nicolas Pelletier – Investment Manager SRI & Impact Investing auprès de la Banque REYL & Cie

La COP 26 vient de s’achever sur un bilan très mitigé : l’objectif de réduire le réchauffement climatique à +1,5 degré semble s’éloigner, +1,8 degré devenant un objectif plus réaliste si tous les pays respectent leurs engagements en matière de neutralité carbone.

Cependant, cinq points positifs sont à retenir avec quelques avancées notables :

1. Pour la première fois, un texte de la COP s’attaque au charbon, l’énergie fossile la plus polluante, et va plus loin que le G-20 ne l’avait fait auparavant. Un signal fort cependant brouillé par un retournement embarrassant : à la dernière minute, l’Inde, soutenue par la Chine, a voulu affaiblir le contenu du paragraphe ; il ne s’agit donc plus de « sortir progressivement du charbon » mais de « réduire progressivement » son utilisation.

2. La reconnaissance commune inattendue par les Etats-Unis et la Chine, les deux plus gros émetteurs de la planète, de l’urgence d’agir. Pas de grande action concrète, mais bonne nouvelle, les deux pays parlent au moins du climat au milieu d’une impasse diplomatique plus large.

3. La COP 26 a appelé à la fin des subventions aux combustibles fossiles. Les pays du G-20 ont dépensé 600 milliards de dollars pour subventionner les combustibles fossiles en 2020, ce que l’émissaire américain pour le climat, John Kerry, a qualifié de « folie ».

4. Plus de 100 pays ont accepté de réduire le méthane ; et il y a une référence au méthane pour la première fois dans le pacte global. Cette décision n’est pas contraignante, mais c’est un signal fort qu’il est temps de s’attaquer à des émissions bien plus puissantes que le CO2. La Russie et la Chine quant à elles n’ont pas signé.

5. Après plusieurs échecs lors des dernières COP, un compromis qui n’avait toujours pas été validé depuis 2015 a été trouvé sur les marchés de compensation carbone. Les nouvelles règles sur le commerce international du carbone apportent de la clarté aux entreprises et une normalisation qui devrait aider à réduire les émissions, bien que certains militants craignent qu’ils ne soient pas assez stricts.

Un point décevant est la promesse non tenue aux pays en développement. En 2009, les pays développés avaient promis 100 milliards de dollars US par an aux pays en développement afin de les aider à réduire leurs émissions et à s’adapter au changement climatique. Cependant, ce montant ne devrait pas être atteint avant 2023.

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