Devrait-on autoriser l’utilisation de facebook sur son lieu de travail ?

Devrait-on autoriser l’utilisation de facebook sur son lieu de travail ?

18 octobre 2011

Quel patron n’a pas eu, un jour, peur de savoir ses employés en permanence sur les réseaux sociaux au lieu de travailler ? Ces programmes ont-ils une utilisation qui pourrait se justifier sur le lieu de travail ? Quels sont les avantages de ces réseaux sur le plan professionnel, pour le patron ou l’employé ?

Tout d’abord, il faut savoir qu’avant les réseaux sociaux, il y avait déjà internet. La plateforme permettait déjà aux employés de flâner au gré des pages au lieu de travailler. Ce n’est donc pas vraiment un problème récent qui est énoncé ici, mais plutôt l’évolution d’un problème.

Le grand problème des réseaux sociaux, c’est qu’on s’y croit en confiance et qu’on en néglige la sécurité. En mettant tout et n’importe quoi sur un site de réseau social, on s’expose à montrer au monde une image de nous « hors-contexte » qui risque de nous faire apparaître sous un mauvais jour et de nous faire du tort.

Depuis quelques années, c’est devenu normal de « googler » les candidats lors de campagnes de recrutement, et sont éliminés d’office ceux dont les profils sociaux ne correspondent pas au CV. Ensuite, lorsqu’un recruteur hésite entre quelques candidats, ceux, dont les photos ne laissent paraître que beuveries et déboires, ne partent pas avantagés face à ceux qui ont un profil « sobre » et sécurisé.

Une fois en emploi, les réseaux sociaux peuvent s’avérer dangereux pour la sécurité de l’entreprise. Aux Etats-Unis, plus de 50% des employeurs ont bloqué l’accès à ces sites à cause de fuites d’information ou simplement d’employés qui y passaient trop de temps. A l’heure actuelle, une telle mesure risque de faire l’effet inverse sur les salariés. Les smartphones sont bien trop omniprésents pour empêcher quiconque d’aller sur ces sites communautaires au cours d’une journée de travail.

Autoriser, c’est néanmoins contrôler et c’est aussi une meilleure solution pour réagir face à un individu qui abuse de ses libertés. Or, pour cela il faut fixer des règles, bien établies afin de pouvoir, éventuellement, sanctionner. Les réseaux sociaux peuvent aussi conduire à un renvoi : Vu qu’on se sent tellement en sécurité, on se permet de faire des commentaires pour nos contacts, pensées qu’habituellement on devrait garder pour soi. Mais lorsque l’employeur à accès à ces écrits, ils peuvent prendre une dimension inimaginable.

Le cas le plus souvent relaté est celui d’un jeune homme qui se fait passer pour malade auprès de son patron. Ce dernier découvre, dans la matinée, des photos de son employé lors d’une soirée de la veille et le renvoie aussitôt. Cet exemple n’est pas forcément un bon exemple des impacts que peuvent avoir les réseaux sociaux mais il montre simplement que la toile garde tout en mémoire, qu’on est responsable de ce qu’on y met et à qui on en donne l’accès.

Cependant, Facebook et consort peuvent avoir un impact positif pour une société : grâce à la communication qu’ils facilitent. Mettre une entreprise disponible sur ces sites, c’est la rendre accessible au monde, c’est un moyen de faire de la publicité et de se faire connaître du grand public.

Pour conclure, je dirais qu’il faut avant tout relativiser et faire comprendre aux individus qu’ils doivent apprendre à être responsable des leurs actes, même si ceux-ci sont destinés à un public restreint. Les patrons ont toujours étés critiqués et cela ne changera jamais mais avant, on faisait en sorte qu’ils ne l’apprennent pas, donc on ne le mettait pas par écrit… L’accès aux mondes virtuels que véhiculent les médias sociaux ne peut actuellement plus être limité. C’est donc à chacun de savoir quand il peut aller sur ces réseaux. Enfin, n’oublions pas que nous sommes tous déjà référencés sur le web, ne serait-ce que grâce aux bottins téléphoniques en ligne. C’est à nous de faire en sorte que ce contenu reste décent et qu’il n’entache pas notre image.

Romain Wanner/Rédacteur chez Le Monde Economique

 

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