Edito de Thierry Dime – La technologie…et alors !

21 novembre 2019

Les histoires de Jules Verne qui ont fait rêver plusieurs générations ne datent pourtant que du 19ème siècle. De 20’000 lieues sous les mers à 5 semaines en ballon pour n’en citer que deux, quel enfant du baby-boom ne s’est-il pas extasié en lisant un de ses romans ou en visionnant une interprétation filmée de son récit.

Ce que l’écrivain racontait était tellement fantastique qu’il semblait alors impossible de pouvoir le réaliser un jour. Et pourtant… !

La technologie digitale a commencé à poindre le bout de son nez au milieu du vingtième siècle avec les premiers ordinateurs qui remplissaient de grands espaces et les « data center » qui occupaient des étages entiers, cependant nul n’imaginait à ce moment-là à quel point la société allait être impactée par le digital.

Le passage au 21ème siècle a marqué un nouveau virage et la cadence des innovations technologique s’est fortement accélérée si bien qu’aujourd’hui, des milliards de données peuvent être stockées sur un tout petit objet que l’on peut transporter dans sa poche.

Maintenant, la technologie a tout envahi avec des avions qui parcourent de grandes distances en pilote automatique, des navettes sans conducteur et bientôt peut-être, des robots pourront remplacer les humains que ces soit pour des tâches ingrates ou pour l’accueil de personnes. L’humain devrait donc enfin pouvoir prendre du temps pour « Vivre » et se « Réaliser » !

. Mais c’est sans compter avec l’insatiable avidité de ce même homme, toujours mécontent de sa condition et éternellement tendu vers l’avenir – un avenir qu’il veut encore plus performant, compétitif, encore plus hautement technologique. Alors, au lieu d’être destinés exclusivement au bien-être humain, les nouveaux moyens de communication sont mis au service d’une épuisante fuite en avant, d’une course sans fin où les sujets actifs sont contraints à se tenir disponibles, connectés et joignables, 24 heures sur 24.  Et quand ce n’est pas la contrainte institutionnelle ou professionnelle qui les tient en cet état-là, ce sont eux-mêmes qui volontairement s’asservissent à la tablette, à l’ordinateur et à l’Iphone, devenus désormais la source de divertissement la plus prisée – car la plus immédiate – de la plupart des gens sur terre.

Si ce n’est donc pas dans la fuite en avant sur un plan collectif et technocrate, c’est dans l’évasion vers un monde virtuel que chacun de nous, cette fois individuellement, croit trouver le bonheur – une plénitude qui manque dans le monde réel qui nous entoure.

Fuite ou évasion, nous fuyons toujours quelque chose. Mais qu’est-ce que nous fuyons ?

Et n’est-ce pas le monde réel que la technologie était censée améliorer et parfaire au lieu de nous entraîner vers des univers complètement virtuels ?

Ce sont là seulement deux des questions que nous devons nous poser si nous ne voulons pas rester toujours assujettis à la haute technologie sans jamais en devenir – comme Jules Verne et d’autres visionnaires l’avaient rêvé – les grands et très heureux bénéficiaires.  

 

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