Epicurisme et romantisme pour une Saint-Valentin 100% parisienne

10 février 2026

Epicurisme et romantisme pour une Saint-Valentin 100% parisienne

Photo © Baronne Paris

On improvise une escapade à Paris, capitale mondiale de la gastronomie, pour surprendre sa moitié. Trois ambiances, trois nuances gourmandes qui vous permettront de suspendre le temps à l’occasion d’un week-end mémorable.

Par Sabah Kaddouri

Manger avec les yeux et le palais chez Baronne

La première porte d’entrée dans l’univers Paris Society est d’abord sémantique. Gigi, Maxim’s, Bonnie, Perruche, Girafe, CoCo, Mūn… Des noms atypiques pour clientèle exigeante en quête de réenchantement. Parce qu’aller au restaurant doit être un voyage culinaire vers le pays du beau, du bon et de la fête. Un moment figé dans l’espace-temps. Le groupe Paris Society règne en maître à Paris – capitale du goût – avec sa tonalité singulière revendiquée. Lumière sur Baronne, encore une appellation sortie d’un songe. Qui êtes-vous Baronne ? Ou plutôt, qu’évoque ce titre dans l’imaginaire Paris Society ? Rendez-vous à l’Hôtel Salomon de Rothschild dans le 8ème arrondissement de la Ville Lumière. Un lieu majestueux à vous donner le vertige ! Classée monument historique, la demeure est un chef-d’œuvre néo-classique jadis résidence de la baronne Adèle de Rothschild. Façade taillée dans le marbre, colonnades imposantes, perron ceinturé par deux gardiens sculptés dans la pierre… Ambiance banquet d’Etat ou garden-party élyséenne, on s’invite volontiers dans ce royaume feutré.

Une question légitime vous taraude : « Sommes-nous too much ou pas assez ? ». On peut s’attendre effectivement à une certaine solennité dans les échanges et le cérémonial à table. Vous ne serez pas torturé longtemps, un passage à l’accueil pour y déposer vos effets suffira à vous conforter quant au protocole. « Soyez-vous ! », les hôtesses communiquent leur chic décontracté. Direction le restaurant à l’étage après avoir pris le temps de contempler – cette fois – l’intérieur de la bâtisse. Marche après marche, on est étourdi par les hauteurs de plafond hors normes, par la succession de chandeliers en laiton, fabriqués par le bronzier-orfèvre Lucien Gau, ou encore par les bijoux de miroirs, les étoffes (tentures, tapis, imprimés…) et le luxueux mobilier disséminé en salles. On mange en premier lieu avec les yeux… Confortablement installé sur l’un des fauteuils en velours, on commande un cocktail maison. L’endroit vibre d’une folle énergie, le Tout-Paris s’y côtoie rallié par des touristes bien avisés. Baron, Baronne, c’est le traitement qui vous sera réservé à table !

Pour la Saint-Valentin, les amoureux auront le meilleur de la terre et de la mer : Tartare de Bœuf Wagyu et caviar ; Foie gras de Canard à la gelée de Porto ou encore Langoustine croustillante saupoudrée de basilic vous seront proposés en entrée. Côtés plats, c’est le choix du Roi ! Entre King Crab accompagné de mâche frisée et truffe noire ; Filet de Sole aux champignons sauvages ou Linguine au Homard… On s’offre les agapes qu’on mérite, autrement dit la fine fleur. Chaque bouchée est un enchantement, chaque vision – l’assiette ou la salle – un ravissement. Votre moitié affiche le visage des grands soirs, et c’est ce qu’on est venu chercher. Le dessert couronne une soirée déjà parfaite. Faites votre choix entre le Soufflée au chocolat, praliné sarrasin ; la Pomme d’Amour ou le Carpaccio d’ananas, fruits de la passion.

On prolonge son tête à tête magique sur la terrasse cachée derrière des portes-fenêtres. Des arbres centenaires et le ciel étoilé prennent à témoin l’alchimie des couples… justes heureux de vivre un moment intemporel.

Un conte des Mille et Une Nuits au Shirvan Paris, par le Chef Akrame Benallal

Photo © Shirvan Paris

D’une contrée à l’autre, le Chef Akrame Benallal explore les routes du goût avec une créativité intacte depuis vingt ans. On l’appelle à Doha, Hong Kong, Manille, Bakou, Oran, Paris… dans les lounges d’aéroport ou sur les circuits de Formule 1 où il installe sa cuisine étoilée pour sustenter des écuries comme Ferrari. Sacré CV ! Sa réussite à Paris lui a ouvert le monde. Le beau monde des affaires ou du show business marque l’étape à ses tables quand un voyage se profile. Fidèlement. Entre son adresse éponyme Akrame Benallal distinguée au guide Michelin et son restaurant Shirvan, Place de l’Alma, on vient se délecter de sa cuisine perpétuellement en mouvement, intellectualisée. De quoi le Shirvan est-il le nom ? C’est une ode à un pays culinairement méconnu, l’Azerbaïdjan, jadis au cœur de la Route de la Soie. La genèse ? Un aller-retour à Bakou a suffi à convaincre le Chef de créer un lieu parisien mêlant les influences perse, arabe, indienne et azerbaïdjanaise. « Shirvan est le produit de cet héritage, de ce bazar magnifique, qui colorent les plats et y projettent des images d’un Orient si dense qu’on a l’impression de s’en nourrir. », résume l’instigateur.

Pour la Saint-Valentin, on sort donc de l’ordinaire, du déjà-vu. On a le palais aventureux. Conseil : Assurez-vous d’avoir de l’appétit, car l’Orient est généreux dans l’assiette. A vos acclamations ! On veut absolument goûter aux classiques de la maison à l’instar de l’Aubergine panée sauce au pignon et arrosée de grenades ; au Houmous aux noisettes et chips de socca ; à la Daurade royale massala ou encore aux Côtelettes d’agneau confites à la harissa du Chef rafraîchies de feuilles de menthe. C’est une explosion de saveurs en bouche ! Dans les nuances de couleurs et les senteurs parfumées, les plats dressent le décor d’une joyeuse caravane qui fait halte entre Bakou et Ispahan. Safran, curry, cannelle, gingembre…Les épices sont à l’honneur, forcément, comme les associations sucrées-salées. Vous vous plairez à piocher dans l’assiette de votre partenaire de vie après avoir fait un choix cornélien entre les plats. On aimerait que l’adresse se convertisse au doggy-bag pour cette possibilité de ramener tout ce qu’on n’a pas pu essayer à la maison.

Les accompagnements méritent d’être appréciés comme des mets : Riz Plov herbes fraîches infusé au safran ; Tahdig riz croustillant d’Iran au yaourt grec et raisins secs ; le Dhal Tarka, ces lentilles corail au curry jaune et les frites trempées dans les épices sont autant de régals à prolonger chez soi. Mais pour la fête annuelle des tourtereaux, on veut sortir au loin. S’évader de Suisse pour une virée gourmande à Paris. Après ce repas de haut vol, on improvise une balade nocturne dans le quartier en attendant de capter l’instant de grâce lorsque la Dame de fer scintillera de mille feux. Féérique.

A la table des stars au Fouquet’s restaurant Barrière

Photo © Fouquet

Valeur sûre qui encapsule l’âme de Paris depuis 1899, le Fouquet’s restaurant Barrière trône en tête sur bien des bucket list de foodies. Les Valentines et Valentins sont tout autant aimantés par le lieu. Situé dans le triangle d’or parisien entre l’avenue Montaigne, l’avenue des Champs-Elysées et l’avenue Georges V, l’établissement classé monument historique a depuis accueilli un magnifique Hôtel Barrière puisque manger… n’y suffisait plus. On veut aussi y dormir pour retourner à sa guise dans cette institution gastronomique. Nous, Suisses, avons la chance de la géographie. Un court trajet suffit à s’y attabler. Pour le 14 février, le prétexte est tout trouvé ! Iconique brasserie typiquement parisienne à la silhouette tape-à-l’œil. Ce rouge criard annonçant dès la devanture que l’on entre en territoire symbolique et fier. C’est d’ailleurs via un tapis rouge que vous foulerez les lieux assidument fréquentés par les grands de ce monde. Des générations d’acteurs, de chanteurs, de champions sportifs, de politiques, de designers, d’intellectuels ont forgé la légende du Fouquet’s.

Ainsi, on déjeune et dîne au milieu d’un impressionnant « Wall of fame » caractérisé par des portraits de célébrités tapissant les murs. La plupart des clichés sont immortalisés par le Studio Harcourt, autre emblème artistique français. À l’intérieur, boiseries précieuses, lumière tamisée et convivialité du personnel composent un décor où le glamour du cinéma s’allie à l’élégance parisienne. A votre table de la Saint-Valentin, des bougies embaumantes et une carte ajustée pour l’occasion. Et pour voisins ? Majoritairement des couples anonymes ou pas, gageons-le ! On démarre les réjouissances par une délicieuse Poêlée de champignons œuf mimosa ou du Foie gras de canard au pain brioché. Toujours bercé par le répertoire des classiques français, on commande le plat de Saint-Jacques au beurre persillé accompagné de pommes de terre ratte. Au chapitre des viandes, les carnivores auront droit à un festival : entre Suprême de volaille fermière ; Filet de bœuf au poivre ; Blanquette de veau avec truffe et frites maison ou cette pièce d’exception comme l’Entrecôte Angus. C’est une cuisine du cœur qui puise dans la terre et la transmission. Au fil de la soirée, on comprend pourquoi l’endroit fascine. On vit une pièce de théâtre à travers l’effervescence qui exsude de la salle ; la brigade en action orchestre savamment chaque acte. Le débouché des bouteilles millésimées ou l’arrivée des desserts nécessitant une dernière mise au point à l’image du flambage, participent à cette allégresse. Plus que jamais, Paris est une fête et une lettre d’amour aux amoureux !

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