Étude Allianz sur la fortune: la Suisse reprend la tête du classement

26 septembre 2018

- En 2017, la croissance mondiale de la fortune a grimpé à 7,7%
- La Suisse enregistre une croissance record de la fortune depuis 
huit ans, et reprend la tête du classement mondial
- Dans le monde entier, l'endettement continue à augmenter, et avec 
lui les inquiétudes sur le niveau d'endettement soutenable

Malgré l’augmentation des tensions politiques, 2017 a été une année presque parfaite pour les investisseurs: la reprise économique qui a suivi la crise financière a culminé dans un mouvement de croissance synchrone dans le monde entier et les marchés financiers, au premier rang desquels les marchés des actions, ont affiché une forte progression. Les actifs financiers bruts mondiaux des ménages ont de ce fait enregistré une croissance soutenue (7,7%), grimpant à plus de 168 milliards d’euros. Pour les épargnants suisses aussi, 2017 a été une bonne année: s’établissant à 5,9%, la croissance des actifs financiers bruts est la plus élevée enregistrée depuis 2009.

Dans la neuvième édition de l’«Allianz Global Wealth Report», Allianz a analysé les actifs financiers et l’endettement des ménages privés dans plus de 50 pays. Il ressort de cette étude que c’est en particulier l’évolution positive sur les marchés financiers qui a permis une nette hausse des actifs financiers bruts mondiaux des ménages (+7,7%), qui s’établissent désormais à plus de 168 milliards d’euros (environ 188 milliards de francs). Le plus haut de la croissance des actifs financiers devrait cependant ainsi avoir été atteint, souligne Michael Heise, chef économiste d’Allianz: «L’année dernière a été très bonne pour les épargnants. Mais elle marque aussi la fin irrévocable de l’après-crise. L’époque où une politique monétaire extrêmement expansive garantissait une évolution à la hausse continue et largement exempte de fluctuations est révolue. Le temps est à la tempête: des taux d’intérêt plus élevés, des conflits commerciaux et une politique de plus en plus populiste provoquent des turbulences et des tensions. Les premiers mois de cette année nous en ont d’ailleurs déjà donné un avant-goût.»

La Suisse reprend la tête du classement de la fortune mondiale

Pour les épargnants suisses aussi, 2017 a été une bonne année: s’établissant à 5,9%, la croissance des actifs financiers bruts est la plus élevée depuis 2009. Cette valeur a aussi été nettement supérieure à la moyenne de l’Europe occidentale (3,9%); et de fait, la Norvège et la Suède sont les seuls pays européens à avoir connu une croissance de la fortune plus élevée, à savoir de 6,1% chacun. Les principaux moteurs de cette évolution positive ont été les actions et les fonds d’investissement, qui ont grimpé de plus de 12%. Au total, les actifs financiers bruts des ménages suisses se sont ainsi établis à 2210 milliards d’euros (environ 2480 milliards de francs). Autrement dit, les Suisses, soit un peu plus de huit millions de personnes, disposent d’une fortune plus élevée que les 46 millions d’Espagnols (environ 2412 milliards de francs) ou les 210 millions de Brésiliens (environ 2188 milliards de francs).

Dans le même temps, la croissance des engagements s’est affaiblie, passant à 2,6% (contre 3,0% en 2016). Malgré cette hausse relativement faible de la dette, le taux d’endettement s’est maintenu à un niveau inquiétant: avec un taux atteignant près de 130%, seuls les Danois et les Australiens sont plus endettés que les Suisses. Chez leurs voisins autrichiens, cette valeur se chiffre à peine à 52%. Les actifs financiers nets ont eux aussi connu une bonne année en 2017: le record d’après-crise, à savoir le niveau de 7,7% atteint en 2009 a été égalé. Logiquement, les ménages suisses avec des actifs financiers nets par tête de 173 990 euros (environ 195 217 francs) ont aussi repris – après une pause d’une année – la tête du classement des 20 pays les plus riches du monde (actifs financiers par tête, cf. tableau). Dans d’autres domaines aussi, les pays européens ont obtenu en 2017 de meilleurs résultats que les années précédentes; mais cette situation reflète essentiellement l’évaluation de l’euro en 2017.

Les pays industrialisés réduisent leur écart: les États-Unis dépassent la Chine

Les années d’après-crise ont été marquées par une croissance relativement faible de la fortune dans les pays industrialisés par rapport à celle des pays émergents. Là encore, la situation a changé en 2017. L’accélération de la croissance est exclusivement le fruit de l’évolution enregistrée dans les pays industrialisés: tandis que, dans ces pays, la croissance a augmenté de plus d’un point de pourcentage, atteignant 6,5%, dans les pays émergents, elle a reculé de trois points de pourcentage, et s’établit ainsi à 12,9%. Le différentiel de croissance entre ces deux groupes de pays, qui est de 6,5 points de pourcentage, n’avait ainsi jamais été aussi faible depuis 2005; sur les dix dernières années, il a été en moyenne deux fois plus élevé, s’établissant à 13 points de pourcentage. Cette évolution différente de la croissance des actifs financiers mondiaux est essentiellement imputable aux deux poids lourds de ces groupes de pays, à savoir la Chine (ralentissement: passage de 18,3% à 14%) et les États-Unis (accélération: passage de 5,8% à 8,5%). En Europe occidentale, la croissance a reculé de plus d’un point de pourcentage, s’établissant à 3,9%. En valeur absolue, les États-Unis sont ainsi de nouveau devant la Chine: en 2017, environ 44% de la croissance des actifs financiers bruts des ménages dans le monde a pu être mise sur le compte des États-Unis, contre seulement 25% environ sur le compte de la Chine. Sur la moyenne des trois dernières années, le rapport était encore de 26% contre 35%, en faveur de la Chine.

La croissance de l’endettement se poursuit

En 2017, les engagements des ménages à l’échelle mondiale se sont accrus de 6%; le taux de croissance a ainsi été légèrement supérieur au niveau de l’année précédente, à savoir 5,5%. En Europe occidentale aussi, l’accroissement de la dette s’est accéléré, tout en restant malgré tout encore assez modéré (3,0%, contre 2,6% en 2016). Grâce à la forte croissance économique, l’augmentation du taux d’endettement mondial est restée minime, celui-ci s’établissant à 64,3% (Europe occidentale: 74%). Ces valeurs moyennes globales cachent par nature de grandes différences. Dans certains pays, le niveau de la dette et sa dynamique ont atteint des valeurs critiques ces dernières années. «Dans la plupart des pays étudiés, l’évolution de l’endettement privé n’est pas préoccupante», commente Michaela Grimm, coauteure du rapport. «Mais l’Asie en particulier compte quelques pays comme la Thaïlande, la Malaisie, la Corée du Sud et la Chine par exemple où les autorités de surveillance devraient observer la situation de près. Des ces pays, les similitudes avec les crédits excessifs accordés avant la crise financière sont indéniables.» Malgré la forte montée de l’endettement, les actifs financiers mondiaux nets, c’est-à-dire la différence entre les actifs financiers bruts et les engagements, ont a atteint fin 2017 un nouveau plus haut de 128,5 milliards d’euros (environ 144,2 milliards de francs), soit une augmentation de 8,3% par rapport à l’année précédente.

 

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