Photo © Le Corinthia Grand Hôtel Astoria Bruxelles
Par Sabah Kaddouri
Quand l’hiver se fait rude, on a cette tendance à s’évader au soleil. Pourtant, il est une destination qui coche toutes les cases : sens de l’hospitalité, culture, gastronomie, accessibilité… et avec ce supplément d’âme si caractéristique de la Belgique. Dorénavant, une autre raison motive notre envie de visiter « le cousin belge », l’arrivée du Corinthia Grand Hôtel Astoria Bruxelles sur la scène de la capitale. Un lieu éblouissant !
C’est fou comme l’ouverture d’une adresse peut dynamiser une ville en un tour de clef ! Une manière, certes, bien sommaire d’aller vite en besogne. D’abord, il s’agit d’une institution centenaire qui a été le témoin de nombreux chapitres historiques. L’ancien Grand Hôtel Astoria Bruxelles, rue Royale, dans le quartier Notre-Dame-aux-Neiges fut jadis lieu de prédilection de la haute société belge et européenne. A quelques encablures de la résidence royale et des joyaux de la couronne, à l’instar du Mont des Arts, de la Grand-Place, du Petit-Château, de l’Hôtel van Eetvelde, de la monumentale Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule ou encore des Musées Royaux des Beaux-Arts, l’établissement inauguré en 1910 est lui-même devenu fleuron au fil des époques. Précisons que Sa Majesté Léopold II a particulièrement tenu à son édification. Impossible d’accueillir l’Exposition Universelle de 1910 sans un palace à la (dé)-mesure du personnage !
Beaucoup d’attentes, donc, pour cette demeure programmée pour vivre un fabuleux destin… Lors de votre séjour, vous découvrirez combien les employés sont fiers d’y travailler, et apprécierez aussi cette estime chez les Belges comme le chauffeur de taxi qui vous mènera à l’hôtel ou auprès de commerçants environnants. A votre arrivée, vous comprendrez que c’est la beauté architecturale qui vous saisit d’emblée. La façade est un bijou néo-classique gardée par deux colonnes magistrales empruntant au style des grands ouvrages antiques. Le tout enveloppé d’un écrin de marbre… Il règne un sentiment d’éternité. Presque muséal. On imagine le défi du temps pour se maintenir à l’avant-garde. Des collaborateurs vous mettrons dans la confidence, car forcément on veut percer le mystère. Le cinq étoiles a été classé Monument protégé en 2000 et n’a pas échappé à la destinée de Belle endormie si fréquente dans ce cercle fermé des hôtels de légende.
Le Grand Hôtel Astoria a fermé ses portes en 2007 et a rejoint le portefeuille hôtelier du Cheikh saoudien Mohamed El-Khereji. Sa rénovation a été confiée au cabinet Metzger et Associés Architecture, et supervisée par l’architecte belge Francis Metzger dont la renommée a largement dépassé les frontières du Plat Pays. Les coûts colossaux ont engendré un arrêt des travaux pendant plusieurs années, jusqu’à ce que le groupe maltais Corinthia Hotels s’y intéresse… Ne lésinant pas sur le budget de rafraîchissement, l’enseigne méditerranéenne a rendu ses lettres de noblesse à l’adresse, rebaptisée Corinthia Grand Hotel Astoria Brussels et inaugurée en décembre 2024.
Pour l’anecdote, la verrière de deux étages et de 15 mètres de long, qui avait disparu après 1947 en raison de problèmes d’étanchéité, a été reconstruite à partir de photographies d’époque et est de nouveau ornée de ses vitraux colorés et peints d’origine. Romanesque… A l’image de nos beaux hôtels suisses bicentenaires dont l’Histoire est en miroir.

Revenons à 2026. A l’heure des voyageurs exigeants et sans compromission ! L’hôte 4.0 veut contempler du patrimoine, mais veut bénéficier de tout le confort et prendre à témoin sa communauté sur Instagram ou TikTok. Il sera servi ! La pièce maîtresse de l’hôtel est le Palm Court, un magnifique salon (ou salle de réception, on ne sait plus…) ouvert toute la journée. L’atmosphère fluctue au gré des visites. Ce restaurant Art déco abrite des hauts plafonds voûtés, des lustres XXL en cascade, la somptueuse verrière en vitrail d’époque, des moulures ornementées et des dorures, un piano à queue ou encore un escalier remarquable. On comprend pourquoi le Palm Court fut le théâtre des noces royales du Prince Philippe et de la Princesse Mathilde, désormais souverains du Royaume de Belgique. C’est ici qu’ils organisèrent une grande réception. Quelque part, on se sent l’hôte privilégié de la mémoire du pays…
Au-delà de l’esthétique, on se régale aussi dans ce lieu cossu. Lobster roll, Frites maison, délicieuses pâtisseries et gaufres fidèles à la réputation de la Belgique. Le service, tout en justesse, est par ailleurs impeccable.
Quant aux chambres, suites et penthouse (au nombre de trois), il y en a aussi pour tous les goûts et les bourses. Oui, Rihanna a séjourné ici lors de l’avant-première européenne du long métrage « Les Schtroumpfs, le film » et des Chefs d’Etat de passage y réservent leurs sanctuaires, mais il y a aussi de nombreux anonymes qui s’offrent le Corinthia Grand Hôtel Astoria le temps d’un staycation, d’un moment hors du temps. Et surprise, les prix sont même plus attractifs que notre hôtellerie suisse !

Chaque clef a son caractère et promet d’y façonner bien des souvenirs. Baignées de lumière, ciselées dans une palette de couleur élégante (beige, taupe, gris) rehaussées de touches de bronze, les chambres ont un cachet résidentiel. Rien ne manque pour se sentir chez soi : moquette épaisse, beaux livres, bureau, compositions florales, machine Nespresso, TV, literie luxueuse, salle de bain double vasques composée d’une baignoire et d’une douche italienne, agrémentée de produits Dyptique.
Pour ceux qui veulent vivre une expérience inoubliable, célébrer une occasion particulière, vous pourrez opter pour l’une des suites ou penthouse spectaculaires. A la hauteur d’une diva comme Rihanna ou d’un Chris Martin ! L’ingéniosité du cabinet de design QP Interiors et GA Group réside dans l’art et la manière d’avoir isolé ces appartements, créant un sentiment de « destination dans la destination ». S’inspirant du patrimoine bruxellois, l’histoire littéraire, la nature environnante ou encore l’héritage artistique belge, les architectes livrent une masterclass du made in Belgium. On s’arrête sur Le Brontë’s Penthouse, un lieu pensé comme une échappée onirique dans l’univers des sœurs Brontë à Bruxelles. Moulures sculptées à la main, dominante de bleu décliné en papier peint, en objets, en mobilier. C’est la rencontre entre deux cours, victorienne et leopoldienne. Un style XIXème éclatant.
Autre thématique, celle de la Royal Heritage Suite qui touche à la fibre des mélomanes. Cette fois, la toile de fond est le Musée des Instruments de Musique. Vous cohabiterez au milieu d’un piano, de motifs évoquant les partitions, de matériaux nobles. Aucune fausse note, quelque soit la suite ou penthouse !
A l’image de la proposition gastronomique du Corinthia Grand Hôtel Astoria, qui héberge une table étoilée, le Palais Royal supervisé par le Chef David Martin. N’oubliant pas le cosmopolitisme de la capitale européenne, l’établissement explore le terroir français, belge et japonais à travers trois menus, de cinq à dix plats. Les gourmets vivront un grand moment d’épicurisme.
Le Petit bon bon par Christophe Hardiquest, vous installe dans la pure tradition de la brasserie belge tant dans le décor que dans le service et la carte. Pour les végétariens, veillez bien à demander une cuisson séparée pour vos frites qui sont sinon trempées dans la graisse de bœuf.

On parachève un moment déjà parfait par une escapade au spa signé Sisley. Occupant un étage entier de l’hôtel et s’étendant sur 1 200 mètres carrés, taillé dans du marbre immaculé et parcouru de dorures, on pénètre un cocon exceptionnel. Corps et esprit s’abandonnent aux mains expertes de thérapeutes prêtes à vous revamper de la tête aux pieds pour ce début d’année.
2026 s’amorce de la plus Belge des manières avec le Corinthia Grand Hôtel Astoria, nouveau hot spot !
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