Indépendance du commissaire aux comptes et relations humaines: un mélange surprenant améliorant la qualité

28 novembre 2019

Par Neila GHITH

Défendeur de l’intérêt général et garant de la confiance économique, le commissaire aux comptes doit faire face aux défis de la loi PACTE, qui supprime un nombre considérable de mandats. Se défendre sur le marché des entreprises, améliorer la perception utile et agréable de la mission aux entreprises sont des enjeux qui doivent être au centre de toutes les préoccupations face à un environnement en pleine mutation.

Une profession antinomique…

Né de l’initiative du secteur privé dans le but d’obtenir une transparence des transactions, le commissaire aux comptes est le garant de la justice. Seul professionnel du chiffre rattaché au Ministère de la justice, il exerce une profession libérale très réglementée. Payé directement par l’entreprise qui le nomme, mais imposé par la loi, il se doit d’être totalement indépendant pour garantir un avis objectif sur les comptes. Prestataire extérieur de l’entreprise, il assure une mission permanente pouvant être assimilé à celle d’un salarié. Il délivre des recommandations, tout en ayant un pouvoir coercitif pour les faire appliquer.

… évoluant dans un environnement en plein mutation

La loi PACTE : une modification d’une telle envergure change les repères de ce professionnel. Il peut dorénavant réaliser d’autres missions qui auparavant lui étaient interdites.

Les mutations technologiques deviennent un sujet central qui permettra aux auditeurs de replacer « l’humain au cœur du métier ». Il doit devenir acteur des évolutions et ainsi réinventer le métier et non pas subir les changements qui pourraient à terme entraîner la  mort de sa profession. Cette réflexion doit porter sur des aspects non modifiables par une législation ni remplaçables par une machine : ses relations humaines semblent être une piste.

Une image désuète qui lui colle à la peau

Perçu comme le «  gendarme des comptes », il lui est difficile de se défaire de son image peu séduisante aux regards des jeunes. Une de ses attributions est de faire respecter la loi, mais il joue aussi un rôle préventif au sein de l’économie. Partenaire utile aux dirigeants, il accompagne le développement de ces entreprises en tout sécurité.

Un professionnel au cœur des Hommes

Cette méconnaissance de ce professionnel du chiffre dénote une certaine obscurité sur son savoir-faire mais aussi quant à l’utilité de ses missions. Le commissaire aux comptes est au cœur des relations dynamiques vis-à-vis de ses clients mais aussi de ses équipes. En relation permanente avec l’Homme, il doit mettre en avant ses atouts pour réaliser sa mission de qualité au profit du client, tout en respectant sa déontologie. Ses contraintes réglementaires imposent une certaine méthodologie dans ses travaux, facilitant la prise de recul afin d’obtenir un avis éclairé sur les états financiers présentés.

Les relations de confiance, le management bienveillant, la communication et la pédagogie sont les outils indispensables pour conserver ses mandats et ses collaborateurs.

Soumis au secret professionnel, il reste l’oreille confidente au service des dirigeants, au croisement du chiffre et de l’humain.

Sa force : son indépendance et les relations humaines

Sa mission va plus loin que la simple certification des comptes. Sa signature, gage de confiance, acquiert la confiance des parties prenantes, et facilite le développement de l’entreprise. Il analyse le fonctionnement de l’entreprise. Les relations humaines tissées au cours de son mandat, lui permettent de partager des informations stratégiques influant sur son opinion sur les comptes. Sa mission qui consiste à réduire l’asymétrie d’informations entre les actionnaires et les dirigeants est ainsi facilitée. Il crée alors des relations de confiance qui favorisent la transparence et l’accès à l’information. 

La forte indépendance et apparence d’indépendance est l’une de ses spécialités. Dictée par le code de déontologie, elle est le garant de son image, sa réputation et la confiance qui lui est confiée par son client.

Avec un métier qui se place au cœur des hommes, le commissaire aux comptes est reconnu comme un expert face aux problématiques de ses clients. La relation de confiance se construit à travers trois paliers qui sont son expérience (issues d’une capitalisation de connaissances et d’expériences), sa valeur ajoutée (qui réside dans les recommandations adaptées), sa personnalité et celles des intervenants.

L’amélioration des relations humaines autour de la mission d’audit améliore la perception de l’intérêt de la mission par le client, et facilitera une meilleure compréhension de sa valeur et donc de son prix.

 

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