Interview de François Dufond: La gestion prévisionnelle a longtemps été une priorité

20 octobre 2020

Par Thierry Dime

Interview de François Dufond Directeur de MySwissCFO

Monde économique Une étude du cabinet d’audit PwC a récemment révélé que pour la plupart des organisations, la Gestion Prévisionnelle n’est plus la principale priorité des Directeurs Financiers mais plutôt le pilotage de la Performance et la Maîtrise des Risques. Qu’est-ce que cela implique pour une entreprise ?

François Dufond: Les professionnels de la finance ont traditionnellement une grande aversion à l’inconnue, qui est synonyme de risque. La gestion prévisionnelle a longtemps été une priorité car elle avait comme objectif de maitriser cette part d’inconnue et d’anticiper des stratégies pour faire face à d’éventuels revirements. Si cette vision prospective est toujours d’actualité à l’échelle de l’entreprise, le pilotage de la performance devient central, lui aussi, dans le processus décisionnel. C’est un véritable changement de paradigme pour les directeurs financiers, qui deviennent des fournisseurs d’informations financières à l’usage non seulement de la direction générale, mais aussi des autres départements de l’entreprise.

Les conséquences pour l’entreprise sont multiples mais, à l’ère de la digitalisation, il s’agit avant tout de se doter d’outils informatiques performants et calibrés aux besoins de reporting multiples, afin de fournir ces informations dans un délai raccourci, gage de la meilleure réactivité possible en vue du pilotage de la performance.

Monde économique La transformation de la fonction Finance, au cœur des défis à mener, répond à de multiples enjeux : optimisation des coûts, soutien au pilotage des activités de l’entreprise, sécurité et maîtrise des risques. Face à cette complexité, les entreprises devront-elles, à l’avenir, se doter d’un Directeur Financier ou alors l’expertise d’un comptable sera largement suffisante ?

François Dufond: Dans la plupart des PME suisses, le service comptable est souvent considéré comme un centre de coûts imposé, avec comme objectif essentiel de répondre aux obligations légales en matière de tenue des comptes. Il produit une information financière rudimentaire, à intervalle plus ou moins régulier, généralement sans analyse poussée, mais qui peut suffire à une gestion en bon père de famille.

A mes yeux, le recrutement d’un directeur administratif et financier s’impose lorsque les enjeux économiques deviennent significatifs aux yeux du dirigeant, que les tableaux de bord initialement mis en place ont atteint leurs limites et qu’une plus grande fiabilité et régularité dans l’information financière devient nécessaire pour gagner en confiance dans le pilotage quotidien des affaires.

Monde économique Vous avez récemment lancé MySwissCFO qui est né de la volonté de faire bénéficier de vos compétences en matière de finance d’entreprise à un large panel de clients. Comment cela s’articule-t-il concrètement et quel accompagnement apportez-vous aux entreprises ?

François Dufond: Mon positionnement est assez simple : je considère qu’un dirigeant d’entreprise doit dédier son temps et son énergie à la croissance de ses affaires à l’exclusion de toute tâche non-productive à ses yeux.

Dans ce cadre, j’interviens sur des missions d’accompagnement de durée variable, notamment pour l’établissement d’un budget prévisionnel pour l’année, la mise en place de tableaux de bord performants et pertinents, à la taille de l’entreprise, et à intervalles réguliers. Mon objectif est d’apporter de la clarté et de la fiabilité dans l’information financière qui est communiquée aux dirigeants, de telle sorte qu’ils prennent leurs décisions en connaissance de cause.

Il m’arrive aussi d’intervenir sur des missions ponctuelles, par exemple pour superviser l’intégration d’un nouveau logiciel comptable ou métier au sein de l’entreprise, restructurer un service comptable dans ses ressources comme dans son fonctionnement, ou encore obtenir pour le compte de mes clients de nouvelles facilités de trésorerie.

Monde économique Ya-t-il une plus-value à faire appel à vos services ?

François Dufond:Les PME, startups et fonds d’investissements qui font appel à mes services en sont convaincus ! J’apporte une très forte valeur ajoutée aux données comptables pour les transformer en informations financières fiables et pertinentes, permettant un pilotage optimal de la performance de l’entreprise. Dans la plupart des cas, le fruit de mon intervention rassure beaucoup, à la fois les dirigeants et les partenaires financiers externes, à commencer par les banquiers.

Monde économique Par rapport à la taille de l’entreprise, l’embauche d’un directeur financier ou CFO conventionnel peut être prématurée et onéreuse. Est-ce que toutes les entreprises peuvent externaliser la fonction de directeur administratif et financier (DAF) ?

François Dufond:Toutes les entreprises désireuses de disposer d’une information financière fiable et intelligible en cours d’année devraient faire appel à un directeur financier. Tant qu’elles n’ont pas les moyens d’un recrutement à temps plein, l’externalisation s’impose car elle permet de bénéficier de ces compétences à moindres coûts.

Monde économique Direction financière à la carte. Avec votre expérience au sein de MySwissCFO, pensez-vous que ce nouveau mode collaboratif a un avenir ?

François Dufond: Les tendances du marché de l’emploi vont vers une plus grande adaptabilité des ressources disponibles. Les employeurs comme les employés doivent s’y préparer. Proposer des solutions sur mesure, flexibles et révocables en tout temps répond à cette nouvelle demande des entreprises. Dans cet optique, oui, les prestations d’un directeur financier, tenu par son devoir de confidentialité, peuvent tout à fait être externalisées.

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