Interview de Harold t’Kint: On ne révolutionne pas une recette qui a fait ses preuves

5 mai 2019

Interview de Harold t’Kint Président de la BRAFA

Monde Economique : Avec une affluence record de plus de 66.000 visiteurs et des ventes exceptionnelles qui ont été réalisées, l’édition 2019 de la BRAFA s’est achevée sur un nouveau succès. La BRAFA confirme-t-elle la bonne santé du marché de l’art ?

Harold t’Kint : La Brafa ouvre la saison des grandes foires européennes et représente souvent un baromètre du marché, analysé et scruté par nos confrères pour sentir la température du marché à la rentrée… Le marché reste, selon les informations collectées auprès de nos exposants, actif et volontaire. Les clients ont répondu présent avec un nouveau record d’affluence, malgré la neige et les conditions météo. Le marché de l’art en général a tendance à suivre l’évolution économique et des indices boursiers. La clientèle nous a semblé plus optimiste et plus réactive que les incertitudes liées à un futur brexit et aux potentielles incertitudes économiques qui pourraient en découler.

Monde Economique : Les records de ventes, tels que celui du tableau de Picasso (179,4 millions de dollars), impressionnent et stimulent l’imagination. Qu’est-ce qui rend le marché de l’art d’aujourd’hui si différent et si séduisant?

Harold t’Kint : Les grands records de vente restent des icones à la fois inaccessibles et stimulantes. Cela démontre avant tout une volonté d’acquérir des chefs d’œuvres pour lesquels le prix devient un facteur « relatif » dès lors que les quelques amateurs potentiels ont peu de limites et désirent l’œuvre à tout prix. Pour le collectionneur en général, ce sont des stimuli mais l’amateur belge reste un client informé qui connait le marché et les niveaux de prix adaptés aux œuvres proposées.

Monde Economique : Créée en 1956, la Brussels Art Fair est l’une des plus anciennes et aussi l’une des plus prestigieuses foires d’art au monde. Face à la concurrence des autres foires internationales, comment la BRAFA peut-elle se renouveler sans perdre son identité ?

Harold t’Kint : L’âge et l’expérience sont ils des atouts ou en matière d’art faut-il à tout prix être original ou même décalé ? On ne révolutionne pas une recette qui a fait ses preuves, néanmoins, ne pas avancer revient à reculer … il faut aujourd’hui s’adapter sans cesse aux nouveaux media, à la réactivité des clients, aux comportements qui s’accélèrent et changent notre mode de vie.

La BRAFA dans cette tourmente a choisi d’évoluer à son rythme, tout en gardant sa spécificité. La Belgique a toujours été reconnue comme une terre de collectionneurs et de connaisseurs. De plus, au pays du surréalisme, tout est possible et les idées les plus décalées ou les plus inattendues permettent de conserver et de promouvoir notre côté convivial, accueillant et qualitatif.

Monde Economique : Cette édition a été une nouvelle fois révélatrice car on a constaté que le public de la BRAFA se renouvelle, se rajeunit et s’internationalise toujours davantage d’année en année. Est-ce le signe que l’art n’est plus une histoire de vieux ?

Harold t’Kint : L’ouverture récente de notre évènement vers une section d’art contemporain (premier marché) a été une réelle réussite. Mélangée au milieu de tout type d’époque et de genre, nos galeries contemporaines se sont parfaitement démarquées et nous ont permis de rajeunir notre public tout en attirant en même temps trois générations d’amateurs. Depuis quelques années, les enfants et petits enfants se donnent rendez-vous pour une visite familiale et l’ensemble stimule le marché et les ventes. Lors de la nocturne, les jeunes se donnent retrouvent pour passer une soirée sur la foire, une tendance qui s’accentue et qui nous réjouis.

La BRAFA a encore de bien beaux jours devant elle !

BRAFA 2020: La prochaine édition aura lieu du 25 janvier au 2 février 2020.

 

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