Interview de Nadia Hirschi: « Chacun, à travers ses actions et interactions quotidiennes, à un impact social »

16 juin 2021

Photos © la Suisserie

Interview de Nadia Hirschi – Fondatrice de la Suisserie

Monde Economique : Face aux limites du système agro-industriel, un certain nombre d’acteurs entendent reprendre la main sur leur approvisionnement alimentaire pour aller vers une alimentation durable et locale. Partagez-vous ces préoccupations ?

Nadia Hirschi – la Suisserie

Nadia Hirschi: Oui, je partage ces préoccupations : elles m’interpellent et sont l’essence même de l’origine de La Suisserie ! La Suisserie est née de cette volonté d’offrir aux consommateurs une boisson alternative répondant à ces besoins essentiels.

Le Monde Economique : Vous vous inscrivez dans une logique entrepreneuriale où il s’agit de satisfaire le consommateur par une alimentation durable, de qualité et de saison. Votre engagement s’inscrit-il dans la lignée de ces entrepreneurs qui veulent avoir un impact social positif ?

Nadia Hirschi :Je vous avoue que la motivation première n’était pas de m’inscrire dans une « lignée» mais simplement d’avoir une action sociale impactante à travers une démarche libérale : l’Entreprise, qui a un rôle social majeur, est le medium qui s’y prêtait le mieux !
Aujourd’hui, il est fondamental de ne plus scinder ce qui nous anime intimement et l’ensemble de ses activités. Chacun, à travers ses actions et interactions quotidiennes, à un impact social : faire en sorte qu’il soit le plus Humaniste, positif de facto !

Le Monde Economique : L’envie d’entreprendre a-t-elle toujours été en vous ?

Nadia Hirschi : Oui, elle a toujours été présente : mon arrière-grand-mère maternelle, particulièrement indépendante, était négociante à une époque où les femmes n’exerçaient pas encore ce type d’activité, a fortiori dans une colonie africaine ; ma grand-mère paternelle, veuve, à nourri ses six enfants en vendant des tapis qu’elle tissait. Dans ma famille, il faut croire que l’entreprenariat féminin naît toujours d’une nécessité !

Le Monde Economique : La Suisserie, c’est avant tout l’idée d’offrir une boisson rafraîchissante et « fait maison ». Des sirops 100% naturels, 100% Fruits de saison et 100% suisse. Pourquoi l’origine des produits est-elle si importante ?

Nadia Hirschi : La traçabilité est importante et l’a toujours été. Cette notion s’est perdue avec l’avènement de l’hyperconsommation post Trente Glorieuse. Avant cette époque, le consommateur connaissait l’origine du produit qu’il consommait : il se rendait directement chez le producteur ou son épicier de quartier/village qui relatait l’origine du produit et le travail du producteur qu’il connaissait personnellement.

Cette chaine s’est perdue avec la multiplicité d’acteurs intermédiaires ne pouvant plus se prévaloir de « connaitre » le producteur : afin de ne pas avoir à répondre à ce besoin premier du consommateur (« qu’est-ce que je consomme ? »), la parade a été de distiller au consommateur une image idéalisée de ce qu’il deviendra à travers sa consommation. Aujourd’hui, bien heureusement, le consommateur est devenu un véritable consom’acteur, conscient de l’impact de son acte d’achat (social, économique et même politique !) mais surtout, spectateur de l’hécatombe que subit notre Planète, il tend à se rapprocher de son essence même, son humanité : l’Humain est conscient de ce qui le nourrit.

Le Monde Economique : Le sirop reste encore dans l’imaginaire collective, un produit industriel. Vous avez relevé l’exploit de le positionner dans les grandes tables des chefs étoilés en tant que produit gastronomique. N’est-ce pas une belle récompense de votre savoir-faire ?

Nadia Hirschi : Effectivement, le sirop a perdu son positionnement d’Antan parce qu’au dela de la consommation « classique » diluée dans l’eau plate ou gazeuse, il est aussi devenu LA matière première d’industrialisation d’une multitude de boissons et sodas.
Au même titre qu’un beau fruit, un légume, une pièce de boucher ou autres, les chefs ont toujours su valoriser la matière première de leur cuisine : ils le font lorsqu’ils utilisent nos sirops en guise de condiments, sauces… ou base de cocktails.
Notre Maison propose de véritables sirops, c’est-à-dire autre chose qu’un mélange insipide d’eau, de sucre et d’arômes ajoutés utilisés par la majorité des marques industrielles.

Le Monde Economique : Vos perspectives

Nadia Hirschi : Elles sont nombreuses ! Néanmoins, l’idée est d’être Focus sur l’atteinte d’un objectif avant d’en satisfaire un autre : le premier consiste en la consolidation du marché national (Suisse) aussi bien à travers la diffusion de nos bouteilles de sirop que celle de notre sirop (à plus grande échelle) en guise de matière première pour la réalisation de produits dérivés véritablement naturels et locaux (les possibilités sont nombreuses) ; le second est de répondre aux nombreuses demandes à l’International à travers la diffusion de La Suisserie en respectant strictement nos valeurs (Humaniste, Naturel, Local)… pour se faire, nous avons un axe de déploiement assez novateur, pour le moment, tenu secret !

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