Interview de Patrick Hayoun: Nous voulons être une passerelle de développement pour nos clients

25 avril 2019

Interview de Patrick Hayoun – CEO Guggenheim & Associés

Monde Economique : Avec l’automatisation d’un grand nombre de processus, beaucoup de tâches routinières sont devenues accessoires ; la classique clôture des comptes reste ce qui apporte une véritable valeur ajoutée. Comment votre secteur d’activité réagit-il à cette mutation ?

Patrick Hayoun : Notre secteur d’activité est une des colonnes vertébrales du développement économique car il ponctue et sert de support à la vie de toute entreprise dans tous les domaines. En cela, nous nous positionnons comme un accélérateur de croissance plutôt qu’un rendez-vous annuel pour la « classique clôture des comptes ». L’automatisation des processus n’est pas récente, bien au contraire, nous l’avons développée avec nos clients afin que les ressources financières allouées aux tâches récurrentes soient mises à profit pour nous concentrer sur une démarche pro-active notamment dans l’analyse, le conseil et l’accompagnement de nos clients dans leurs développements.

Monde Economique : En 2018, on a assisté à un rapprochement entre Guggenheim & Associés et Fehlmann & Associés. Le futur se fera-t-il par des opérations de croissance externe ?

Patrick Hayoun : Nous sommes très satisfaits de l’intégration de cette fiduciaire, voisine depuis plus de 20 ans, dont l’offre est complémentaire à celle de Guggenheim & Associés. Cette acquisition nous a permis de restructurer nos locaux et d’optimiser notre organisation, pour nous préparer à des opérations futures de croissance externe. En parallèle, notre objectif de croissance est de pérenniser notre clientèle en offrant des services plus étendus qu’une fiduciaire traditionnelle. Ce sont notamment les prestations proposées par nos pôles Finance et Pilotage Immobilier, Services IT, Services aux Entreprises à l’International et Fiscalité qui servent d’accélérateur au développement de nos clients.

Monde Economique : Fondé en 1965 et présent en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, Guggenheim & Associés est un groupe global de services dédié aux entreprises. Avec plus de 50 ans d’existence, qu’est-ce qui fait votre force ?

Patrick Hayoun : Nous voulons être une passerelle de développement pour nos clients. Notre implantation stratégique à l’International nous permet d’être un pont, une ouverture pour l’expansion des entreprises depuis Dubaï, Singapour, Hong Kong et Genève, bien-sûr. Notre plus grande ressource reste une équipe pluridisciplinaire d’experts ; notre force est de conjuguer ces territoires et ces spécialités pour proposer une prestation sur-mesure à nos clients, adaptée à leurs enjeux à travers le globe.

Monde Economique : Aujourd’hui, on observe dans de nombreux domaines, la volonté d’acheter et consommer des produits et services plus locaux car les gens ont besoin de s’identifier et de se sentir proche de leur interlocuteur. La taille de votre groupe n’est-elle pas un handicap ?

Patrick Hayoun : Notre implantation locale résulte justement de la volonté d’être à l’écoute, au plus proche de nos clients ; elle nous permet de faire bénéficier l’ensemble de nos bureaux des expertises locales propres aux différents pays. Cet échange en interne n’est possible que parce que Guggenheim & Associés est une entreprise à taille humaine où tous nos collaborateurs se connaissent et interagissent hebdomadairement voire quotidiennement.

Dès lors que nos clients locaux souhaitent créer des ponts de développement à l’International, nous nous appuyons sur nos autres bureaux pour les aider. Notre appartenance au réseau Alliott, premier réseau international de compétences fiduciaires, fiscales, et légales nous permet de mettre nos clients dans de bonnes mains « locales » à travers le monde.

Monde Economique : Face à un contexte économique incertain, quelles perspectives à l’horizon 2030 ?

Patrick Hayoun : Nous sommes en train de vivre une transition forte entre deux modèles économiques très distincts où dans le premier, basé sur des ressources naturelles finies, la croissance passe par une augmentation de la consommation tandis que dans le deuxième, basé sur l’immatériel, la croissance résulte d’un partage de connaissances. La digitalisation est le vecteur de cette transition ; elle nous permet d’observer que le leader hôtelier ne possède aucun hôtel, que des opérateurs de moyens de transport ne possèdent aucun véhicule et que les encyclopédies ne sont plus des ouvrages de référence payants mais des outils collaboratifs. En tant que support au développement des entreprises et acteur de l’économie du savoir en pleine émergence, nous avons tout à inventer pour aider nos clients à prendre ce virage complexe et stratégique.

 

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