Interview de Reginald Maître: « la clé du succès réside dans l’empowerment »

23 septembre 2019

Interview de Reginald Maître Directeur Général World Wide Bank Of Happiness

Le succès, c’est les autres. Tel est l’un des mantras de Reginald MAÎTRE, trader indépendant et directeur général de la World Wide Bank Of Happiness (WBOH.ORG). Son parcours est atypique, son sourire mélancolique, reflétant tout ce qu’il a vu et traversé, mais son regard reste à l’affût de l’opportunité. C’est ainsi que ce Robin des bois 2.0, qui ramasse de l’argent sur les marchés financiers pour le distribuer aux associations, aime mordre la vie à pleines dents. Avec lui, ni faux-semblants, ni faux pas : sa formation permanente est LBD, learning by doing.

Né en Egypte au sein d’une famille juive, considéré comme l’enfant de trop, Reginald arrive à Genève comme apatride, puis se construit petit à petit au sein de la cité de Calvin. Tout commence avec une coquille, comme il l’appelle affectueusement. Une petite SA, qui se nomme Darest. Désormais, David est devenu Goliath et l’entreprise a plus de 100 salariés et 400 millions de chiffre d’affaires ces 10 dernières années. Rencontre :

Thierry Dime: Alors, qui donc est Reginald Maître ?

Reginald Maître: Je suis un courtisan des sourires, un athlète de la félicité et un distributeur de bonheur. Reginald dérange, Reginald interpelle, Reginald agace parfois.

Auto-entrepreneur, farfelu pour certain, excentrique pour d’autre, je suis le directeur général de la World Wide Bank of Happiness lancée en 2015. Née de l’observation sur le terrain de la précarisation économique, émotionnelle et sociétale de mon prochain, cette banque reflète la nécessité de passer à l’action pour chacun de nous qui veut améliorer la condition humaine, une condition qui trop souvent encore, est le reflet de déficit affectif, de souffrance existentielle et de recherche de reconnaissance. Je suis également consultant sur de nombreux projets et engagé dans une  dizaine d’actions sociales et de parrainages.

Thierry Dime: Et si vous deviez choisir une réalisation qui vous tient particulièrement à cœur ?

Reginald Maître: J’ai aujourd’hui 62 ans et je crois pouvoir affirmer que ma plus grande réussite est d’avoir toujours su conserver cette espièglerie mais sereine que certains parfois me reprochent.

Thierry Dime: Quelle a été la clé du succès dans tout cela ?

Reginald Maître: Premièrement, le fait d’avoir réalisé que nous ne pouvons pas aider tout le monde, mais que tout le monde peut aider quelqu’un. Ainsi, la clé du succès réside dans l’empowerment ; cette création d’une dynamique et d’une implication émotionnelle au sein de toutes les personnes participant à un projet, à l’image de ce cocktail dînatoire, auquel j’avais invité tous les corps de métier impliqués dans mon premier projet immobilier, construction d’un immeuble. Ensuite, la promotion a été un plein succès, au-delà de tout ce que l’on pouvait espérer. Je l’attribue à cette attention du détail, du plus petit dénominateur commun des rouages de mes entreprises, à savoir : LE COLLABORATEUR. Je perçois ainsi mon rôle comme étant celui de faire éclore des talents et de permettre leur développement en leur ouvrant la voie.

Thierry Dime: Justement, quel regard espiègle portez-vous sur la situation économique du moment ?

Reginald Maître: Je constate, avec tristesse, je dois le dire, que le désenchantement est à la mesure des espoirs promis. Je pense que les milieux économiques gagneraient à laisser le potentiel de chacun s’exprimer. J’ai l’occasion de côtoyer quotidiennement des jeunes gens pleins de talents et de bonnes volontés qui ne parviennent pas à s’accomplir. Promesse fut faite que le travail rendrait ces jeunes heureux mais en vérité beaucoup d’entre eux se sentent perdus et tristes.

Thierry Dime: On vous qualifie souvent, en effet, « d’entrepreneur du bonheur ». Comment cela se traduit-il dans vos activités et vos rapports aux autres ?

Reginald Maître: Le moteur qui m’anime au quotidien se résume parfaitement avec la citation d’Edmond Kaiser, fondateur de Terre des Hommes, qui stipule : « Il suffit qu’un seul être souffre moins, et le monde est déjà meilleur ». Nulle autre citation que celle-ci pour introduire la mentalité d’un homme qui a fait du bonheur des autres son travail quotidien. C’est une mentalité que je veux transmettre en accompagnant les plus incertains d’entre nous vers des jours heureux. Je leur apporte ce que ni l’argent ni l’ambition n’a pu leur offrir : la possibilité d’être eux-mêmes. Je résumerai ma volonté ainsi que mon mode de fonctionnement en un concept clé : le Management Sherpa, c’est : définir un objectif clair, mesurable, donner les moyens aux collaborateurs de l’atteindre et de n’avoir de cesse de les encourager. Valoriser ce qu’ils réussissent et tirer les enseignements des difficultés. Chaque collaborateur, chaque humain, devient part entière du cercle vertueux pour un monde meilleur.

Interview réalisé par Thierry Dime

Avec la collaboration de Renat Arjantsev, Hugo Houbart & William Wegener

 

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