Jeunes et télétravail font-ils bon ménage ?

25 février 2021

Les réticences liées au télétravail sont aujourd’hui connues. Quand certains s’inquiètent de leur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, d’autres ont peur de passer pour des paresseux. La crise sanitaire de ces derniers mois a contraint la majeure partie de la population à travailler depuis son domicile, même si cette situation ne fait pas l’unanimité auprès de tous. Aussi, 62 % [1]des jeunes de la génération Y s’accommodent du travail en distanciel. Qu’en est-il de la position des autres ?

Besoins sociaux et d’estime

Il n’est pas juste de penser que les Millennials[2] sont plus friands du télétravail, car ils se sentent libres d’organiser leurs journées et qu’ils maîtrisent le numérique. Aussi, ils ont besoin de développer des relations avec les autres et d’être en lien direct avec leurs supérieurs hiérarchiques.
Dans les années 40 naissait la pyramide des besoins[3]. Parmi les cinq besoins fondamentaux, mis en avant par le psychologue américain Maslow, apparaissent en troisièmes et quatrièmes positions les besoins sociaux et le besoin d’estime. Ces besoins reposent majoritairement sur l’appartenance à un groupe, la reconnaissance et l’appréciation des autres. L’entreprise joue donc un rôle fondamental dans la construction sociale de ces jeunes travailleurs.

Aussi, il apparaît comme essentiel pour ces jeunes en début de carrière professionnelle que le besoin d’encadrement doit être présent, car ils sont à la recherche de leur place au sein de l’organisation. Ils ont besoin d’avoir un environnement cadré et rythmé pour se repérer dans leurs journées, éviter la monotonie et de ne pas perdre la notion du temps : arrivées et départs du bureau, pauses-déjeuner entre collègues, rituels quotidiens. N’oublions pas que les jeunes actifs sont également désireux de produire un travail de valeur à la vue de leurs collègues plus expérimentés et de leurs responsables. Pour s’épanouir professionnellement, l’encouragement et la reconnaissance leur sont indispensables.

Cet aspect est bien moins présent chez les salariés plus âgés, car pour la plupart leurs journées sont rythmées par les obligations familiales. D’autant plus, qu’ils maîtrisent déjà leur poste et ont, de ce fait, une plus grande marge d’autonomie, le télétravail leur permet ainsi d’être beaucoup plus productifs.

Nouvelle organisation

Le travail à distance nécessite un réaménagement organisationnel tant pour les managers que pour ses collaborateurs. La perte de lien social n’est pas due au télétravail, mais de l’organisation interne et de la place de chacun dans cette nouvelle organisation. Le manager joue un rôle important et protecteur pour ces jeunes professionnels. Aussi, il doit leur donner des responsabilités dans un cadre confortable, sécurisant et rassurant pour développer leur autonomie. Aussi, voici différentes pistes de réflexion :

  • Des plages horaires fixes et d’autres variables basées sur la confiance.
  • Une écoute active des collaborateurs, le manager est un rôle de soutien et de facilitation, sans surveillance excessive.
  • Des rituels quotidiens pour cadrer les journées, entretenir les liens sociaux et stimuler la productivité de chacun. Par exemple, une visioconférence-équipe le matin pour donner les objectifs journaliers et en fin d’après-midi pour échanger plus librement.
  • Des moments de partages où l’équipe pourrait se retrouver physiquement.
  • Des lieux de travail autre que les bureaux standards (Flex office, coworking) pour promouvoir le travail collaboratif axé sur les rencontres.

En France, il y a une forte culture du travail en présentiel. Aussi, le télétravail n’est pas un obstacle au développement d’une entreprise. Le distanciel doit être centré sur l’humain, les évolutions socioprofessionnelles et suppose une adaptation de la culture de l’entreprise. Il y a, certes, des inconvénients mais ce mode de travail à haut potentiel peut être développé au sein des entreprises pour un travail collaboratif efficace.


[1] Selon une étude de Choose My Company menée en juin 2020, les profils technologiques sont les moins convaincus par le télétravail.

[2] Les milléniaux ou génération Y, regroupent l’ensemble des personnes nées entre le début des années 1980 et la fin des années 1990.

[3] La pyramide de Maslow développée par Abraham Maslow. En 1943, est une représentation pyramidale de la hiérarchie des besoins, une théorie de la motivation.

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