La discrimination positive, un recul social ?

7 avril 2021

Par Sébastien Weilenmann

Depuis les années 70, la notion de discrimination positive est monnaie courante dans les débats politiques. La prise de pouvoir du parti démocrate aux États-Unis avec l’investiture de Joe Biden a remis au goût du jour ce débat, présenté comme un moyen de réduire les inégalités sociales.

A travers son plan de relance pour pallier aux dégâts économiques dus à la pandémie de la COVID-19, le 46e président des États-Unis a pour objectif de résorber les effets négatifs de cette crise sur l’économie de son pays. Ce plan contient un florilège d’aides financières visant tous les agents économiques du pays, que ce soit les États, l’éducation, les entreprises ou encore les ménages américains.

Toutefois, en y regardant de plus près, nous découvrons que certaines de ces mesures ne sont pas fondées sur le principe d’égalité bien au contraire, car elles privilégient, de manière complètement assumée, une partie de la population définie par son apparence ethnique. La ville d’Oakland en Californie, par exemple, prévoit d’allouer $ 500  par mois uniquement aux familles noires ou issues de minorité ethniques ayant un salaire en dessous de $ 59’000 par an. De son côté, l’État de Géorgie a promis que ce plan allait bénéficier majoritairement aux fermiers noirs et autres minorités ethniques.

Pourquoi le plan de relance d’une crise sanitaire qui a affecté toute une population contient des éléments visant à contrebalancer des inégalités établies bien avant cette crise ? L’objectif serait donc d’affirmer ses positions politiques sous couvert de la crise, aux dépens de personnes qui n’ont certainement jamais contribués à ces inégalités et qui sont, elles aussi, dans le besoin. Il est incontestable que ces mesures sont injustes pour des millions d’américains blancs qui ne pourront pas bénéficier de ces aides à cause de la couleur de leur peau.

L’argument avancé par les politiques pour légitimer cette discrimination est qu’il faut aujourd’hui privilégier les communautés qui ont été oppressées par le passé, peu importe si le contexte le justifie ou pas.

 Quelle que soient les méthodes utilisées, de nombreuses mesures ont été mises en place par le passé pour favoriser l’accès à l’éducation, l’emploi et la participation à la prospérité du pays pour la communautés Afro-américaine. Nous n’avons malheureusement pas constaté d’impact significatif sur les salaires ou le taux de chômage par ces mesures, elles ont en revanche accentué le communautarisme dans le pays

Dans un État de droit, il est dangereux d’utiliser la discrimination positive car, comme son nom l’indique, cela reste de la discrimination et est donc arbitraire. Résumer un individu à des traits caractéristiques inchangeables comme la couleur de peau, la religion ou encore le sexe est inacceptable. Peut-on dire que « tous les noirs sont victimes de racisme » ou que « toutes les femmes subissent une oppression patriarcale », ce n’est certainement pas le cas.

Aujourd’hui, en France, en Suisse, aux États-Unis, la seule inégalité qui persiste est l’inégalité de fortune. Il est évident qu’un riche aura plus de liberté, de pouvoir et d’influence qu’une personne plus modeste, peu importe son appartenance ethnique. C’est l’apanage de l’être humain : « nous sommes tous uniques, que l’on soit plus intelligents, plus fort, plus beaux ou plus riche ». L’important est de s’assurer que notre système est égalitaire et que chaque individu dispose de la même chance de réussite.

Alors, plutôt que de réduire cet enjeu à un combat de race ou de sexe, donnons accès à l’éducation, à la culture pour tous, afin que chacun ait la possibilité de réussir dans la voie qu’il aura choisie en disposant des infrastructures nécessaires, de professeurs compétents au sein d’un système éducatif axé sur la réussite personnelle tout en ayant une ouverture sur un monde de plus en plus global dans lequel chacun doit trouver sa place.

En conclusion, toute forme de discrimination devrait être rejetée, que ce soit une forme positive ou négative ainsi que toute forme réductrice de différenciation de l’individu par des caractéristiques physiques, ethniques ou religieuses. Il est essentiel que les choix se fassent sur les compétences et les qualités des individus. Alors, à chacun de prendre ses responsabilités et d’avancer sur le chemin qu’il aura choisi de suivre.

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