La globalisation est-ce aujourd’hui un mot vide?

25 octobre 2018

Le monde globalisé que l’on a conçu dans les années 90, devait se construire comme un espace de libre circulation des personnes et des biens, et d’interpénétration des cultures.

Hélas, dans les décennies suivantes, la globalisation a traversé bien des turbulences… Aujourd’hui, elle ne semble qu’un mot vidé de sens, tant les frilosités et les égoïsmes nationaux se sont depuis exacerbés.

Que se passe-t-il au juste ? Pourquoi à la place de l’unification tant espérée, on ne voit que division, morcellement et rivalité ?

Il y a d’abord cette bataille acharnée de leadership mondial. Les Etats-Unis par exemple croient toujours à leur hégémonie et s’obstinent à vouloir imposer leur vision du monde tant sur le plan politique que sur celui de l’économie. Les dirigeants des USA n’ont pas encore pris conscience du fait que la suprématie américaine est déjà en courbe descendante et qu’il leur serait profitable de montrer un peu d’humilité et d’esprit de concession dans les négociations avec les autres pays.

Rivale des Etats- Unis sur la scène internationale, l’Union Européenne – celle-là même qui devait donner au reste du monde l’exemple de l’unification globalisante – se trouve aujourd’hui plus désunie que jamais. Les pays membres de l’UE ne parlent plus d’une seule et même voix et leur importance dans les affaires mondiales devient de plus en plus relative. Ce n’est certainement pas avec ses contradictions (un Brexit spectaculaire à l’Ouest et de nouvelles adhésions à l’Est, et entre eux, au coeur d’Europe, des velléités nationalistes dures) et ses lourdeurs bureaucratiques que l’UE accroîtra son poids sur la scène mondiale…

Ensemble avec quelques succès incontestables dus le plus souvent à la révolution technologique, la globalisation a jusqu’alors cueilli pas mal de fruits amers. Ce qui avait initialement été pensé comme une parfaite fluidité de circulation de personnes, services et capitaux, mais aussi d’idées, valeurs et biens immatériels, s’est heurté au piège insoupçonné du désir identitaire et de la course au leadership. Autant le dire : la globalisation, dans ses volets politique et culturel, a échoué. Jusqu’alors.

Mais peut-être tout n’est pas perdu. Déjà on parle de ranimer et refonder l’UE, de donner un nouveau souffle au projet européen. Et si l’Europe redevenait ce modèle de globalisation heureuse et bénéfique à tous qu’on espérait tant voir en elle trois décennies en arrière ?

 

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