La gouvernance responsable : Un chemin vers le développement durable

28 juin 2021

Par Mohammed Abdelaziz BENKAMLA – Maitre de Conférences, Université d’Oran 2 – Algérie – 

La crise sanitaire actuelle, devenue par la suite une crise économique, a vulnérabilisé intégralement les structures économiques de plusieurs Etats et l’ère de la mondialisation ne trouve pas sa place. Devant cette contrainte, plusieurs dirigeants politiques n’arrivaient pas à exécuter une partie de leurs programmes électoraux, en choisissant une politique de gestion prudentielle à très court terme afin d’éviter l’effondrement de leurs économies.    

Tandis que, les études scientifiques se multiplient et les concentrations politiques se succèdent dans un objectif de la recherche d’un modèle de gouvernance adéquat au climat économique mondial, marqué par une grande instabilité. Cette crise a montré les limites d’un ordre mondial largement défendu au passé par des pays libéraux, en poussant les gouvernements vers l’adoption d’un nouveau système de gouvernance.

La gouvernance responsable n’est plus un choix mais une nécessité, qui vient de naître, face à une urgence écologique, économique, politique et sociale. Ce type de gouvernance attire plusieurs experts dans le but de développer ses fondements d’une part, et d’analyser son degré d’influence sur le développement durable, d’autre part.   

L’arrivée, au début de l’année en cours, de la nouvelle administration aux Etats Unis d’Amériques, la montée en puissance des partis écologistes en Europe, la tendance écologique des pays asiatiques ou la nouvelle veille des pays africains ont anticipé le changement du modèle économique mondial.

Gouvernance responsable : Quelle piste pour une meilleure appréciation ?  

Le concept de gouvernance responsable, qui a été adopté par nécessité pour la première fois dans les pays scandinaves, se définit comme un style de management standardisé fondé sur des principes environnementaux transparents et précis. Dans cette logique, le maître associe toutes les parties prenantes dans chaque prise de décision. Il prévoit, également, un plan stratégique rationnel, qui définit la finalité de son programme et qui sera mis en œuvre, tout en défendant démocratiquement l’intérêt social et écologique de son organisation.

Il est usuel de préciser les trois principes de la gouvernance responsable à savoir ; l’utilisation rationnelle de toutes les ressources naturelles, humaines et financières avec une préservation adéquate du reste aux générations futures, la minimisation des externalités négatives de chaque acte et enfin, promouvoir l’innovation technologique. Cette option n’est pas propre uniquement au chef mais à chaque personne au centre de décision.

La gouvernance responsable, qui s’inspire d’un esprit protectionniste, est un incitateur de développement durable. Elle fait face à la succession des situations d’expansion et de contradiction notamment, l’évolution linéaire des agrégats économiques et l’évolution démographique exponentielle.

 Vu la crise sanitaire actuelle et le ralentissement de l’économie mondiale, plusieurs dirigeants, à toutes les échelles, ont revu leurs stratégies managériales, à commencer par le simple patron de la très petite entreprise, en arrivant au chef d’un gouvernement. Par exemple, en analysant la décision de remplacement de toutes les embarcations polluantes par d’autres électriques d’un propriétaire thaïlandais d’une flotte maritime, destinée à des croisières pour des touristes. Ou la décision de fermeture par le gouvernement thaïlandais de certains sites pour une durée déterminée et l’orientation vers de nouvelles alternatives loin du tourisme de masse, expliquent non seulement, la nouvelle tendance des comportements privés ou publics, mais également, le déploiement et la prise en compte des principes de la gouvernance responsable. Ce type de gouvernance cherche à défendre et privilégier toute décision qui a un impact positif sur l’environnement même en sacrifiant les résultats financiers recherchés à court terme.   

Quel rôle peut jouer les organisations gouvernementales et non gouvernementales pour une application sereine de la gouvernance responsable ? 

Afin d’étudier le rôle des OG et ONG dans la mise en place de la gouvernance responsable, il est utile d’analyser les trois dimensions de leurs stratégies à savoir : la stratégie d’accompagnement et d’engagement, la stratégie de supervision et de protection et la stratégie de performance.

Selon Gundlach et al. (1995), le caractère d’accompagnement et d’engagement d’une organisation comporte trois volets : un volet attitudinal qui correspond à une intention de développer et maintenir la relation ; un volet comportemental correspondant à une action inter-organisationnelle créant pour elle un intérêt spécifique ; et un volet temporel expliquant l’effet de l’engagement à long terme. Dans ce sens, l’engagement ne veut pas dire la dépendance ou l’accompagnement multidimensionnel. Or, il présente une collaboration palpable pour adopter les principes de la gouvernance gouvernementale et apporter également des solutions à certains comportements difficiles à éradiquer.

Concernant la stratégie de supervision et de protection, Les OG et ONG devront s’investir largement pour proposer des innovations efficaces qui protègent les dimensions environnementales de chaque décision.              

Se situant dans la logique de performance, les OG et ONG sont tenus par leurs résultats. Alors, les solutions alternatives proposées par ces organisations devront être un atout et pas une contrainte à l’efficacité économique.    

Peut-on désormais évoquer le développement durable à l’heure actuelle ? 

 La mise en place d’une dynamique économique rationnelle pourrait influencer les comportements tendus à long terme. En revanche, la réalisation imminente du développement durable en serait exclue. Elle nécessite l’effort et l’engagement collectif de tous les agents économiques des différents pays et une rupture avec les anciennes méthodes de gestion, qui traduisent souvent un bras de fer aux impacts parfois dramatiques.   

 De plus, si l’urgence justifie l’action, tous les Etats devront contribuer favorablement aux changements des comportements, cela par des législations unifiées, qui seront traduites par la suite en actions communes à l’échelle micro comme macroéconomique.

En définitive, si la gouvernance responsable a pu confirmer la volonté de changement des aspects comportementaux (attitude face au risque, l’incertitude, la culture, la créativité) et l’interdépendance des conditions fondamentales, elle constitue un chemin vers la finalité du développement durable.

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