Le point sur la réunion de la BCE de jeudi

9 septembre 2020

Par Andreas Billmeier, PhD, Senior Sovereign Analyst chez Western Asset  

Contrairement aux attentes élevées des marchés la semaine dernière, nous ne prévoyons pas que la BCE annonce des mesures stratégiques majeures lors de sa réunion de jeudi – l’économie se montre à peu près conforme aux attentes formulées par la BCE en juin et le niveau de taux de change n’est pas encore une réelle préoccupation. Nous pensons que cette annonce pourrait être favorable à l’euro.
Nous espérons que BCE révise à la hausse les prévisions de croissance à moyen terme et réduise éventuellement la courbe de l’inflation de manière plus marginale en cette fin d’année et au début de l’année prochaine. Par rapport aux projections macroéconomiques de juin, la progression du PIB est légèrement meilleure par rapport au scénario de base, mais elle n’est pas aussi bonne que le scénario modéré de la BCE à ce moment-là. Concernant l’inflation, les données volatiles de juillet et d’août sont – lorsqu’elles sont combinées – conformes au scénario de base de la BCE pour le troisième trimestre, mais la publication de septembre pourrait faire baisser légèrement la moyenne trimestrielle vers le scénario plus extrême. L’accord du Conseil européen concernant le fonds de relance Next Generation EU – qui est clairement positif pour le rebond économique à moyen terme – n’est arrivé que fin juillet et n’aurait pas été pris en compte dans les prévisions de juin.
Contrairement à de nombreux observateurs du marché, nous considérons les commentaires de la semaine dernière sur les taux de change faits par l’économiste en chef de la BCE, Phil Lane, comme un constat rétrospectif – en effet, l’euro s’est très rapidement apprécié d’environ 10% en quelques semaines – à ce stade, il ne s’agit pas d’un signal d’alerte sur les mesures politiques à venir.
Nous pensons que le taux de change EUR-USD est maintenant assez proche de sa juste valeur, alors que l’euro aurait été sous-évalué jusqu’à ce que les initiatives politiques prises en Europe ces derniers mois réduisent les inquiétudes du marché. En ce sens, une nouvelle appréciation de l’euro, même si elle est plus lente, pourrait être acceptable pour la BCE si elle s’accompagne d’une surperformance économique génératrice d’inflation à moyen terme, par exemple sur la base du fonds de relance Next Generation EU. Cela dit, la BCE sera plus inquiète si l’euro continue de s’apprécier à un rythme soutenu et les commentaires de Lane pourraient se révéler être plus qu’un simple coup de semonce.
Enfin, la BCE n’a pas besoin de nouvelles mesures pour le moment – le risque d’une baisse des taux d’intérêt est très élevé, et la BCE pourrait simplement réduire ses achats dans le cadre du Programme d’achat d’urgence en cas de pandémie (PEPP). Les commandes ne sont actuellement effectuées qu’à la moitié de leur volume du début d’année et laissent une grande marge de manœuvre pour des ajustements mineurs sans nécessiter d’initiative majeure si la BCE devait vraiment s’inquiéter d’un resserrement excessif des conditions financières en raison de l’évolution des taux de change. Au contraire, nous nous attendons à ce que deux points soient abordés ors des discussions de jeudi : si l’enveloppe actuelle du PEPP de 1,35 billions d’euros doit être entièrement utilisée ou non, et si la clé de répartition du capital doit être considérée comme une restriction contraignante pour les avoirs en titres de la BCE dans le cadre du PEPP à la fin de la période d’achat ou seulement à la fin de la période de réinvestissement suivante.

Retrouvez l’ensemble de nos communiqués ici

 

Recommandé pour vous