LE TRAVAIL A DISTANCE, VERSION NOCTURNE

16 juin 2020

Par Dessy Damianova

Cela ne vous a certainement pas échappé : on est tous, temporairement, confinés à la maison, pour cause de risque épidémique. Toutes les activités sont transférées à domicile et le télétravail, jusqu’hier encore considéré comme une « tendance », est devenu, en quelques jours, une réalité quasi- universelle.

La situation inhabituelle qu’on traverse actuellement a trouvé bien des gens non- préparés à ce mode de réalisation des tâches professionnelles. Du travail à la maison, beaucoup d’employés n’avaient qu’une idée très vague – comme d’une sorte de faveur accordée à une poignée de privilégiés dans l’entreprise. Cela n’est donc pas étonnant que, découvrant pour la première fois les délices de travailler dans un milieu bienveillant et familier et se sentant affranchi de la pression immédiate d’un patron et de la contrainte d’horaire, un bon nombre d’entre nous, fasciné par une première impression de liberté, de légèreté et de facilité, se laisse aller à la désinvolture et à la procrastination. Entre pause café et pause YouTube, tâches ménagères, agréables bavardages et promenades au parc, le temps nous file entre les doigts et l’essentiel de notre travail reste inaccompli. Quand nous y retournons, c’est déjà la fin de la journée ou carrément… la nuit.

Le travail nocturne et ses risques

Oui, inexpérimentés dans cette matière délicate qu’est la gestion du temps dans les conditions de travail à la maison, souvent en retard avec l’accomplissement des tâches, nous nous voyons souvent dans la contrainte de leur sacrifier des heures tardives, dédiées habituellement au sommeil. Un tel « sacrifice » n’est pas innocent et le temps que l’on enlève au repos nocturne, considéré comme le seul vraiment réparateur, doit être compensé par la suite, si l’on ne veut pas voir son équilibre physique, psychique et psychosomatique décliner irréparablement.

En effet, on attribue au manque de sommeil le risque accru de maladies oncologiques, de diabète type B, des AVC mais aussi la prédisposition à la déprime, à l’épuisement professionnel (burn- out), à l’abus d’alcool et de substances stimulantes dont l’excessive consommation de sucre, sous formes différentes et aliments divers, paraît de loin le plus inoffensif…

 Ceci dit, le manque de sommeil est parfaitement rattrapable si les nuits blanches se limitent à une, maximum deux, par semaine

Des grasses matinées et des siestes prolongées peuvent sans problème rétablir les forces de l’organisme et restaurer son énergie. Dans ce cas de figure, les quelques heures nocturnes consacrées au travail peuvent devenir un moment privilégié où l’on trouve non seulement le calme et la tranquillité qui faisaient tellement défaut pendant le jour mais aussi une inspiration et une motivation nouvelles. Des idées nouvelles aussi.

Une concentration renforcée et une imagination en plein éveil.

En effet, aussi loin des contraintes subies sur le lieu professionnel que des tentations qui accompagnent d’habitude le travail à la maison dans sa version diurne, l’activité nocturne peut êtreagréable et surtout très efficace. La nuit peut devenir un temps fort où non seulement la concentration, denrée indispensable pour le travail, retrouve ses hauts niveaux mais où interviendrait, en plus, une autre ressource très précieuse – l’imagination. En effet, stimulée par l’absence de lumière et de bruit, celle-ci peut se mettre à l’œuvre et faire poindre des idées et des visions que quelques heures seulement auparavant, dans le tourbillon de la journée active, on ne pouvait même pas concevoir.

Oui, la nuit peut être précieuse pour le travail. Mais quelle nuit ? Les heures nocturnes ne représentent pas un ensemble homogène ; elles correspondent à des cycles successifs du sommeil qui, à chaque nouvelle étape, est différent : devenu profond (après une brève période d’endormissement caractérisée par la somnolence) et se prolongeant, dans une quasi- complète inactivité du cerveau, jusqu’en milieu de la nuit, il entre, vers l’aube, dans sa phase « paradoxale », celle de la production des rêves.

Que nous travaillons la nuit par contrainte ou par préférence, nous devons définir dans quelle tranche nocturne nous nous pouvons être les plus effectifs et sur cette base établir un régime. Dans le souci d’éviter l’effondrement psychique voire physique, les spécialistes recommandent de bien fixer les trois moments essentiels de notre activité : l’heure du début du travail, celle de sa fin (qui plus ou moins coïncide avec la reprise du sommeil), ainsi que l’heure du réveil, le jour d’après.

Ayant une fois établi ce régime, on doit le respecter si l’on veut pouvoir bénéficier d’un rythme circadien sain et stable. Or, fonctionnant comme une horloge biologique et reflétant l’influence de la lumière solaire sur l’organisme humain, le rythme circadien, quand il est bien réglé sur les 24 heures qu’il englobe, est l’un des facteurs les plus importants de la bonne santé et du bien- être physique et psychologique.

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