LES JEUX DE CONSTRUCTION – UN INVESTISSEMENT JUTEUX ET JUDICIEUX ?

19 septembre 2019

Aujourd’hui où, grâce à l’Internet, on peut transformer son passe- temps en gagne- pain et où des services à vocation purement conviviale, divertissante et festive s’avèrent susceptibles de générer des bénéfices considérables, il ne faut pas s’étonner de voir des objets ludiques devenir d’excellents investissements. Dans une étude consacrée au phénomène, la chercheuse russe V. Dobrynskaya constate que certaines pièces rares de Lego « présentent un retour sur investissement supérieur à celui des grands produits financiers et même de l’or » (Huff Post).

Au centre de l’attention des Lego-philes : les grandes sagas de la célèbre marque danoise. Les sets de « Ninjago » et de « Star Wars » avec leurs fighters, stormtroopers, destroyers, interceptors, motos tout terrain, peuvent s’avérer un investissement juteux et judicieux. Les preuves ne manquent pas : un « Faucon Millenium » de Lego fut revendu plus de 2000 euros sur Amazon contre 399 à sa sortie, une dizaine d’années plus tôt ! On attend la même flambée de prix pour « Le village des Ewoks » et « Le vaisseau Slave I de Boba Fett ».

Depuis qu’en 1999  Lego Group a signé une licence avec Lucasfilm pour décliner les Star Wars en briques et figurines, plus rien ne pouvait arrêter la spectaculaire envolée des ventes du géant scandinave. Avec un chiffre d’affaires de plusieurs milliards d’euros, Lego semble même avoir gagné cette autre guerre, ces autres « Star wars » qui, plus discrètes, se menaient depuis des années en coulisse (ou, plutôt, sur les rayons des magasins pour enfants) et opposaient le géant en briques danois à l’autre star des jeux de construction – Playmobil.

Lego et Playmobil, ces frères- ennemis.

N’ayant pas cherché à s’ouvrir à son tour à un public adolescent voire adulte (comme l’a fait Lego Group), ni à établir un partenariat avec les entreprises hollywodiennes, la marque allemande Playmobil, challenger historique de Lego, est restée fidèle à sa vocation « enfantine ». Ses thèmes simples et ses figurines arrondies dont les visages souriants et les mains en forme de pinces sont devenues tout aussi célèbres que celles, plus carrées (et les mains en crochet) de son concurrent scandinave, font la joie de milliers d’enfants et ont leurs fans partout dans le monde.

Et s’ils enregistrent un chiffre d’affaires plus modeste que celui des Lego et ne peuvent pas se prévaloir, comme ces derniers, de servir de produit d’investissement, les braves Playmobil restent, dans le domaine des jeux de construction, le concurrent attitré des briques les plus vendues au monde – le concurrent dont Lego Group suit jalousement l’évolution et dont parfois il s’inspire. La gamme Lego Friends avec ses figurines un peu plus arrondies et avec la prédominance nettement affichée des personnages féminins n’était-elle pas conçue sous l’influence directe de l’éternel challenger allemand ? En effet, se rendant compte du grand succès de Playmobil auprès des filles qui semblent le préférer à ses propres produits, Lego Group avait cherché à attirer à son tour cette partie de son jeune public en créant un univers à part, qui, loin tant des wars que des éternels chantiers de construction, baigne dans une douce atmosphère conviviale, baignée de lumière et de couleurs pastel. Ainsi fut né Lego Friends.

Mais généralement parlant, les préférences des enfants pour l’un ou pour l’autre marque ne sont pas aussi nettes qu’on les présente parfois. Si la prédilection des ados et de tous les « grands enfants », amateurs de jeux de construction, va plutôt au Lego – y compris à cause des possibilités d’investissement – pour les plus jeunes le dilemme est loin d’être aussi évident. Figurines et accessoires Lego et Playmobil s’entrechoquent joyeusement dans les jeux ou jonchent, ensemble mêlés les uns avec les autres, les tapis des chambres d’enfant. Pour la tranche d’âge 4- 12 ans, choisir entre Lego et Playmobil, c’est comme choisir, en matière de contes, entre le Danois Andersen et les Allemands Frères Grimm. Il y a toujours une préférence mais elle n’est jamais vraiment très catégorique.

Incontestables champions du marché des jeux et des jouets, Lego et Playmobil restent ensemble au sommet. Leur succès se confirmera une fois de plus dans seulement trois mois, quand, Noël oblige, des milliers de sets seront encore vendus, de l’une comme de l’autre marque.  

 

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