Les loyers baissent à Zurich, les Genevois doivent dépenser plus

5 juin 2019

Le mois de mai a vu les loyers subir une nouvelle hausse. L’augmentation est particulièrement forte dans la région lémanique alors que Zurich, la Suisse centrale, l’Espace Mittelland et le Tessin enregistrent une baisse des loyers. C’est ce que révèlent les derniers chiffres du Swiss Real Estate Offer Index. Les prix des logements en propriété évoluent de manière différenciée: les appartements en copropriété sont devenus plus chers (+1,7%) alors que les prix d’achat de maisons individuelles ont reculé de 0,3%.

Le mois de mai s’accompagne non seulement de températures en hausse mais aussi de loyers plus élevés. Les personnes à la recherche d’un appartement ne devraient toutefois pas s’inquiéter. L’augmentation des loyers proposés est en effet extrêmement faible: elle ne s’élève qu’à 0,1% en moyenne dans le pays. Sur une année, ils ont à peine évolué (+0,2%). C’est ce que révèle le Swiss Real Estate Offer Index, relevé conjointement par ImmoScout24 et l’entreprise de conseil immobilier CIFI SA.

Comme à l’accoutumée, les loyers connaissent des évolutions différentes d’une région à l’autre. En mai, on constate un gradient prononcé d’est en ouest: tandis que les loyers ont enregistré une croissance très supérieure à la moyenne (+1,0%) dans la région lémanique, les personnes à la recherche d’un appartement dans la région de Zurich peuvent se réjouir d’un allègement de la part de leur budget consacrée à leur loyer (-0,9%). Les loyers proposés en Suisse centrale (-0,6%), dans l’Espace Mittelland (-0,3%), au Tessin (-0,3%) et en Suisse orientale (-0,1%) ont diminué.

«Les autorités observent intensivement le marché immobilier à l’heure actuelle», déclare Martin Waeber, le directeur d’ImmoScout24. «Du fait des taux d’intérêt bas, les appartements représentent un investissement très attrayant pour de nombreux investisseurs, si bien que les prix des objets résidentiels de rendement ont fortement augmenté ces dernières années. Le Département fédéral des finances (DFF) et la Finma, l’autorité de surveillance des marchés financiers, estiment même que la hausse est trop forte», ajoute l’expert en immobilier. C’est pourquoi les deux entités envisagent un durcissement des conditions de financement pour l’immobilier de rendement. Ces mesures ne devraient pas affecter les loyers à court terme car leur montant dépend surtout de l’offre d’espace habitable. «Dans les centres-villes où sévit une pénurie d’espace, les loyers sont plus élevés que dans les régions rurales où les appartements disponibles ont tendance à être plus nombreux. Les nouvelles règles pourraient également concerner les acheteurs d’appartement en copropriété qui ont été acquis pour être mis en location. L’attractivité d’appartements individuels en tant que biens de rendement pourrait faiblir à la suite d’un durcissement des règles, ce qui pourrait avoir un impact à moyen terme sur les prix des appartements en copropriété», pronostique Martin Waeber.

La propriété par étage devient plus chère, les maisons moins chères
Les appartements en copropriété ne subissent toutefois pas encore de pression sur les prix. Bien au contraire, les loyers proposés ont même progressé de 1,7% en mai. La hausse (+3,3%) est également significative sur la période des douze derniers mois. Le prix du mètre carré de la propriété par étage s’élève donc à 7’240 francs en moyenne dans le pays. Les maisons individuelles accusent une évolution contraire. En effet, les prix d’achat des maisons individuelles ont chuté de 0,3% en mai. Ceux qui rêvent de posséder leur propre maison peuvent s’attendre à un prix du mètre carré bien plus bas que s’ils possédaient leur propre appartement: le prix du mètre carré s’élève actuellement à 6’283 francs pour une maison individuelle typique, soit pratiquement 1’000 francs de moins.

 

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